Perspectives

Nous avons suggéré que le transgène hmTRβ1 que nous avons utilisé agit principalement en bloquant le fonctionnement du récepteur TRβ1 endogéne. Mais il n’est pas exclu que celui-ci agisse aussi sur le récepteur TRβ2 endogène. Il faudrait déterminer les effets réels produit par la faible expression du récepteur TRβ2 dans les cellules de Purkinje. La construction d’une lignée de souris transgéniques surexprimant un récepteur TRβ2 ayant la même mutation que celle porté par hmTRβ1 pourrait amener quelques indications sur son rôle.

Nous avons évoqué la possibilité que la déphosphorylation de la protéine MAP2 par les HT pourrait être impliquée dans la maturation de l’arbre dendritique des cellules de Purkinje. Il faudrait tout d’abord caractériser les sites de phosphorylation touchés par l’action les HT sur MAP2 mais aussi sur la protéine Tau, puisque celle-ci serait impliquée dans l’élongation neuritique dépendante de ces hormones. La culture primaire de neurones est un bon modèle pour réaliser cette étude. Il faudrait traiter les cultures par la T3 à différents temps et évaluer l’état de phosphorylation de MAP2 et Tau par spectrométrie de masse. L’analyse des sites affectés par la T3 indiquerait les kinases et/ou phosphatases impliquées dans ce processus. Le rôle du facteur de transcription BTEB dans ce processus pourrait être caractérisé en pré-traitant les cultures avec l’ODN anti-sens dirigé contre l’ARN de BTEB avant l’addition de la T3. Cette dernière étude permettrait de déterminer les sites impliqués dans la ramification neuritique et/ou dans l’élongation neuritique induites par les HT en comparant l’effet de l’inhibition de BTEB avec celui de la T3. Par la suite, l’utilisation, dans des cultures primaires de neurones, d’inhibiteurs spécifiques des kinases et/ou phosphatases susceptibles d’être impliquées, permettra d’affiner la recherche. La production d’anticorps contre chaque site découvert permettrait de vérifier si in vivo , la phosphorylation de ces sites est différente chez les animaux hypothyroïdiens versus euthyroïdiens.

Plusieurs voies de signalisation pourraient participer à l’action du récepteur TRβ1 sur l’arrêt de la prolifération des cellules granulaires dans la CGE. Il faudrait vérifier si l’expression d’un ou plusieurs gènes (protéines) impliqués dans ces voies est régulée in vivo par les HT. Nous pourrions alors injecter des cellules productrices d’anticorps dirigés contre les molécules Shh ou Delta3 dans le cervelet de nos souris transgéniques, et en parallèle chez des souris hypothyroidiennes, puis vérifier si ces anticorps diminuent la prolifération des cellules granulaires. Pour déterminer si la prolifération et la migration sont deux phénomènes indépendants, la recherche de gènes cibles des HT et impliqués dans ces deux processus est essentielle. Certains gènes ne sont exprimés que par les cellules granulaires en prolifération comme gli1 ou Ptc. Il serait intéressant de regarder l’effet de l’inhibition spécifique de ces gènes sur la prolifération et sur la migration des cellules granulaires lors du développement du cervelet.

La répression basale des génes cibles est a la base de l’action néfaste des RT en absence d’HT provoquant les divers phénotypes observés lors de l’hypothyrodie congénitale. Il existe deux corépresseurs majoritaires pour les TR, pouvant participer a cette action qui sont exprimés dans le cerveau, NcoR1 et SMRT. Il serait intéressant de savoir si l’un ou l’autre de ces répresseurs intéragit préférentiellement avec TRβ1. Les souris dépourvues de ces coréprésseurs pourraient nous donner une indication pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.