Table des matières
Ce chapitre décrit l’ensemble des techniques et méthodes utilisées au cours de mon doctorat pour caractériser la protéine PARL. La première partie aborde la méthodologie mise en place pour réaliser les analyses bioinformatiques menées sur les membres de la super-famille Rhomboid. La deuxième partie présente les techniques de base de biologie moléculaire utilisées, le mode d’obtention des différentes constructions plasmidiques de PARL, la production de protéines recombinantes hétérologues et la technique de fractionnement sub-cellulaire. La troisième partie est consacrée à la génération des différents anticorps anti-PARL et au test de leur spécificité. La quatrième partie traite des techniques d’immunohistochimie utilisées pour visualiser PARL dans le cerveau de souris. Enfin, le cinquième et dernière partie présente la réalisation du système de double-hybride en Levures utilisé pour détecter les partenaires cellulaires de PARL.
Pour recenser l’ensemble des membres de la super-famille Rhomboid, nous avons conduit en étroite collaboration avec le Dr Koonin (NIH, Bethesda) une recherche itérative sur une banque de données non-redondante répertoriant les séquences protéiques connues ou inconnues (Altschul et al. , 1997). Pour cette recherche, nous avons utilisé le programme PSI-BLAST (http://www.ncbi.nih.gov/blast/) qui a permis de recenser une centaine de séquence présentant une similarité avec les séquences d’entrée. Nous avons ensuite procédé à l’alignement multiple de ces séquences en utilisant le programme ClustalW (http://www.bork.embl-eidelberg.de/Alignment/alignment.html) (Thompson et al. , 1994). L’alignement a été ajusté manuellement en se basant sur les résultats de la recherche par PSI-BLAST et les hélices transmembranaires multiples prédites par les programmes TMPRED et TMAP (http://www.ch.embnet.org/software/TMPRED_form.html et http://www.mbb.ki.se/TMap/).
L’arbre phylogénétique de la super-famille Rhomboid a été réalisé en utilisant la méthode du moindre carré (Fitch et Margoliash, 1967) comprise dans le programme FITCH du package PHYLIP (Felsenstein, 1996), avec des réarrangements des séquences utilisant le programme PROTML du package MOLPHY pour obtenir le maximum de similarité.
Ce type de préparation d’ADN permet de purifier environ 5 μg d’ADN plasmidique à partir d’une culture de la souche désirée de 2 mL (250 rpm, 37°C, toute la nuit), en utilisant le kit High Pure Purification Kit de Roche. Le matin, centrifuger la culture de 2 mL (Vmax, 5 min) et jeter le surnageant. Resuspendre le culot dans 400 μL de tampon de resuspension (glucose 50 mM, Tris-HCl pH 8 25 mM, EDTA 10 mM, RNaseA 10 μg/μL), soigneusement pour éviter les grumeaux qui empêcheraient une lyse homogène La présence de RNase est essentielle pour éviter la contamination de l’ADN plasmidique par de l’ARN. Après resuspension, ajouter 400 μL de tampon de lyse (NaOH 0.2 N, SDS 1%). Mélanger en inversant doucement le tube 4-5 fois jusqu’à ce que la solution prenne un aspect visqueux, signe que l’ADN est libéré. Ne jamais laisser agir plus de 5 min Pour arrêter la lyse, ajouter 400 μL de tampon de neutralisation (KOAc 3 M, acide acétique glacial 11% volume/volume (v/v)). Mélanger doucement en inversant le tube. La solution prend un aspect trouble, ce sont les protéines qui précipitent. Pour s’en débarrasser, centrifuger (12,000 rpm, 15 min, 4°C). Prélever le surnageant en évitant le culot blanchâtre de protéines et le placer sur la colonne. Centrifuger à vitesse maximale 30s. Rincer avec 800 μL de solution de lavage. Centrifuger deux fois pour éliminer toute trace résiduelle d’éthanol (Vmax, 30 s.). Eluer l’ADN en ajoutant 50μL de ddH2O au centre de la colonne puis centrifuger (Vmax, 30 s.). Quantifier en mesurant la DO. La concentration en ADN obtenue doit être autour de 100 ng/μL.
Ce type de préparation d’ADN permet de purifier environ 500μg d’ADN plasmidique à partir d’une culture de la souche désirée de 300 mL (250 rpm, 37°C, toute la nuit). Centrifuger la culture de 300 mL (4,000 rpm, 10 min). Enlever soigneusement le surnageant. (NB : A cette étape, le culot bactérien peut être congelé à -20°C et la procédure continuée ultérieurement). Le culot est resuspendu dans 5 mL de tampon de resuspension, soigneusement pour éviter les grumeaux qui empêcheraient une lyse homogène. La présence de RNase est essentielle pour éviter la contamination de l’ADN plasmique par de l’ARN. Après resuspension, 10 mL de tampon de lyse (NaOH 0.2 N, SDS 1%) sont ajoutés. Si le tampon de lyse apparaît turbide, le chauffer pour dissoudre le SDS. Le mieux est d’utiliser du tampon fait juste avant l’emploi. Mélanger immédiatement en inversant doucement le tube 4-5 fois jusqu’à ce que la solution prenne un aspect visqueux, signe que l’ADN est libéré. Incuber 2 min à température pièce. Ne jamais laisser agir plus de 4 min Pour arrêter la lyse, ajouter 5 mL de tampon de neutralisation (KOAc 3 M, acide acétique glacial 11% v/v). Mélanger doucement en inversant le tube. La solution prend un aspect trouble, ce sont les protéines qui précipitent. Incuber sur glace 10 min, puis centrifuger (12,000 rpm, 15 min, 4°C). Prélever le surnageant et le placer dans un tube Oakridge propre, en évitant de prélever le culot blanchâtre de protéines. Ajouter 0.6 v d’isopropanol et vortexer. Laisser précipiter à -20°C, 1 h. maximum sinon les protéines risquent de contaminer l’ADN en précipitant. Centrifuger (12,000 rpm, 15 min, 4°C). Enlever le surnageant et rincer soigneusement le culot avec de l’EtOH 70%, en évitant de le détacher de la paroi du tube. Centrifuger (12,000 rpm, 15 min, 4°C). Enlever le surnageant et laisser sécher le culot d’ADN à l’air libre. Puis le resuspendre dans 500 μL de ddH2O. S’il reste du matériel insoluble, centrifuger et transférer le surnageant dans un autre tube. Ajouter un volume équivalent de solution de PEG (PEG 20%, NaCl 2.5 M). La précipitation de l’ADN doit être quasi-immédiate, sinon incuber sur glace 1h. Centrifuger (12,000 rpm, 15 min, 4°C). Enlever le surnageant en éliminant les dernières gouttes de PEG. Resuspendre dans 500 μL de ddH2O. Si l’ADN se dissout mal, incuber 10 min à 37°C. Ajouter 1 v de phénol/chloroforme, vortexer 1 min. Puis centrifuger (Vmax, 5 min) et collecter rapidement la phase supérieure aqueuse qui contient l’ADN palsmidique, sinon la phase contenant le PEG va diffuser. Recommencer la procédure 3 fois, ou jusqu’à ce que la phase aqueuse soit claire. Ajouter un volume de chloroforme, centrifuger (Vmax, 5 min). Collecter la phase supérieure contenant l’ADN purifié. Ajouter 0.1 v d’acétate de sodium 3 M, pH 5.2. Mélanger doucement. Ajouter 3 v d’EtOH, l’ADN précipité devient visible. Laisser précipiter 30 min ou toute la nuit à -20°C. Centrifuger (12,000 rpm, 15 min, 4°C), enlever le surnageant et rincer le culot à l’EtOH 70%. Laisser le culot sécher à l’air libre, ou bien en utilisant l’arrivée d’air, puis le resuspendre dans 500 μL de ddH2O. Quantifier en mesurant la DO. La concentration en ADN obtenue doit être autour de 1 μg/μL.
Les acides nucléiques peuvent être séparés en fonction de leur taille par électrophorèse sur gel d’agarose. Le gel est réalisé en dissolvant 1-2% (m/v) d’agarose dans du tampon TBE 1X (Tris-HCl 90 mM, H3BO3 90 mM, EDTA 2.5 mM, pH 8) additionné de bromure d’éthidium (BEt, 5 µg/mL) qui permet de visualiser les acides nucléiques sous UV. NB : Pour des fragments de petite taille (≤ 1Kb), un agarose de type Low Melting (NuSieve GTG Low Melting Agarose, Mandel) à 1% est utilisé puisqu’il permet une meilleure résolution de séparation dans les faibles poids moléculaires. L’ADN à analyser est additionné de tampon de charge 4X (glycérol 50%, bleu de bromophénol 0.25%, TBE 1X) et déposé dans un puits du gel. La migration s’effectue à 200V dans un appareil à électrophorèse réfrigéré pour éviter l’échauffement, jusqu’à la séparation désirée. NB : Pour les petits fragments (≤ 1Kb), il est conseillé de ne pas prolonger la migration inutilement. En effet, les faibles poids moléculaires ont tendance à migrer au même niveau que le bleu du tampon de charge, si bien que le bruit de fonds du bleu sous UV masque la présence des petits fragments. Pour limiter le phénomène, le tampon de charge 4X peut être utilisé à des concentrations plus faibles 10X.
L’échantillon protéique est dilué dans du tampon 4X (Tampon LDS pH 8.4, NuPAGE, Novex, USA) pour réduire les ponts dissulfure, additionné d’une solution d’antioxydants 10X (additif antioxydant NuPAGE, Novex, USA) pour limiter l’oxydation des protéines, avant d’être chauffé 10 min à 70°C.
Le tampon de migration est choisi en fonction de la taille de la protéine d’intérêt. Le tampon MOPS (MOPS 1M, TrisBase 1M, SDS 70mM, EDTA 20mM, solution 20X commercialisée par Novex, USA) convient pour des poids moléculaires élevés (16 kDa à ≥ 200 kDa) alors que le MES (MES 1M, TrisBase 1M, SDS 70mM, EDTA 20.5mM, solution 20X commercialisée par Novex, USA) est préférable pour les petits poids moléculaires (de 2.5 à 60 kDa). 500 mL de tampon sont nécessaires pour la migration d’un gel. Le gel déjà coulé (gel gradient 4-12% Bis-Tris NuPAGE, Novex, USA) est sorti du sac, rincé dans de l’ddH2O, la bande plastique protectrice au dos du gel et le peigne sont enlevés. Le gel est installé dans l’appareil à électrophorèse (XCell II mini, Novex, USA) rempli de tampon de migration 1X. Les puits sont soigneusement rincés avec du tampon de migration 1X avant de charger les échantillons à un volume maximal de 20 μL par puits. Le marqueur SeeBlue (Novex, USA) est utilisé pour visualiser les poids moléculaires. La migration est effectuée à 200 V et dure environ 50 min, jusqu’à ce que le bleu du tampon de charge atteigne le bas du gel.
Après séparation, le transfert des protéines est effectué par électrobuvardage sur une membrane PVDF de 0.2 μm. La membrane est préhumidifiée par immersion 30s. dans le méthanol, rincée 1 min dans de l’ddH2O puis 2 min dans le tampon de transfert (Bicine 500 mM, Bis-Tris 500 mM, EDTA 20 mM, tampon de transfert NuPAGE, Novex, USA, additionné de 15% méthanol). Humidifier les blocs éponge et les feuilles de papier Whatman dans le tampon de transfert. Ouvrir la cassette du gel et enlever les puits et le rebord inférieur du gel avec une lame de rasoir, puis rincer le gel dans le tampon de transfert. Sur la face négative de la cassette, placer un bloc éponge, deux feuilles de Whatman puis le gel en évitant les bulles d’air. Enfin placer la membrane de PVDF, deux feuilles de Whatman et le dernier bloc éponge. Fermer la cassette et placer dans l’appareil de transfert (Biorad). Placer un bloc de glace pour éviter la surchauffe lors du transfert et remplir de tampon de transfert. Le transfert est effectué à voltage maximum (entre 80-100 V) pendant 50 min, ou à 30 V toute la nuit.
Après transfert, la membrane est rincée plusieurs fois dans du PBS-T (PBS, 1%(v/v) Tween20), puis saturée 30 min sous agitation pour bloquer les sites aspécifiques dans du PBS-T contenant 5% de lait écrémé (m/v), en renouvelant la solution plusieurs fois. Puis la membrane est incubée (toute une nuit, à 4°C, sous agitation constante) en présence de l’anticorps primaire dilué dans du PBS-T additionné de lait écrémé à 5%. La membrane est ensuite rincée 15 min dans du PBS-T, en renouvelant la solution plusieurs fois, avant d’ajouter l’anticorps secondaire couplé à la péroxydase alcaline. Après 2h. d’incubation sous agitation constante à température pièce, la membrane est rincée 30 min dans du PBS-T, en renouvelant la solution plusieurs fois. Pour révéler les protéines reconnues par l’anticorps, un mélange équivolume des solutions commerciales de chemiluminescence intensifiée (Super Signal West Pico Luminol, Fischer) est préparé au dernier moment et mis en contact avec la membrane 1 min. Puis le surplus est éliminé avec du papier Whatman et la membrane est analysée avec un PhophoImager (BioRad).
La PCR permet l’amplification, grâce à des couples d’amorces spécifiques, d’une séquence d’ADN particulière située sur un ADNc d’intérêt. Dans le cas d’un clonage par PCR, il s’agit également d’introduire au niveau des extrémités de la séquence d’intérêt des sites de restriction adaptés pour permettre le clonage entre ces sites dans le vecteur d’expression. Nous avons fait synthétiser divers oligonucléotides (Gene Probe Technologies Inc., USA) de manière à pouvoir amplifier différentes régions de l’ADNc de PARL humaine et ajouter au niveau des inserts les sites de restriction voulus (Tableau 2-1). Les principes de base pour déterminer la séquence des amorces sont les suivants. Chaque amorce doit inclure au moins 17-18 bases complémentaires à la séquence de l’insert, pour garantir la spécificité de l’amplification. De plus, il est recommandé d’ajouter 1 ou 2 bases supplémentaires en 5’ pour protéger les sites de restriction d’une éventuelle activité exonucléasique de la Taq polymérase. Un codon-stop peut être ajouté dans l’amorce antisens, même si le vecteur contient déjà des codons stop en 3’ dans les trois phases de lecture, pour éviter l’ajout de quelques acides aminés supplémentaires en C-terminal. La température approximative d’hybridation (T°H) de chaque oligonucléotide est calculée en utilisant la relation : T°H= T°M[(A+T)x2+(G+C)x4] -5°C (A, nombre d’adénines; T, nombre de thymidines; G, nombre de guanines; C, nombre de cytosines de chaque amorce). La température d’hybridation retenue est généralement la T°H la plus basse des deux oligonucléotides. Il est conseillé d’essayer dans la mesure du possible d’avoir des oligos avec une T°H proche pour éviter l’amplification aspécifique.
Tableau 2- 1 : Séquences et position des oligonucléotides utilisés pour la PCR.
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Amorces |
Position |
T°H |
Séquence 5'→ 3' |
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Eco-Koj-HPaa1 S |
1/18 |
68°C |
GCGAATTCGCCGCCATGGCGTGGCGTGGCGAGGCTGG |
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Eco-HPaa317 S |
951/972 |
63°C |
CGGAATTCGGCAGCGCCATGGATACAGCAGG |
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Bam-Stop-HPaa96 AS |
267/288 |
60°C |
CGTTCTAGACCTTATAGGATAGGGAGAAGG |
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Bam-Stop-HPaa379 AS |
1122/1140 |
57°C |
CGGGATCCTTACTTAGAGCCACCTCC |
La réaction de PCR est réalisée dans un volume total de 50 µL. L’ADN matrice, à raison de 100 ng, est mélangé avec les amorces sens et antisens (150 pmol de chaque), des dNTPs (2 mM), 5 µL de tampon de réaction Pwu 10X (concentration finale 1X : (NH4)2SO4 16 mM ; Tris-HCl 50 mM ), MgCl2 30 mM (concentration finale : 1.75 mM), 1 μL d’enzyme polymérase Pwu (5 U/µL, Roche), qsp 50 µL ddH2O. Il est préférable d’utiliser une Taq polymérase haute-fidélité, surtout si le fragment à amplifier est long (≥1,000pb), de façon à limiter les erreurs dans la séquence amplifiée. Puis la solution est placée dans l’appareil à PCR (GeneAmp PCR System 9700, Applied Biosystems) et soumise au programme suivant : dénaturation initiale de 30 s. à 94°C, suivie de 25 cycles de dénaturation (30 s. à 94°C)-hybridation (30 s. à 55°C)-élongation (30 s. à 72°C).
Pour contrôler la qualité de la PCR, les produits d’amplification sont soumis à une électrophorèse sur gel d’agarose (cf. 2.2.1.2). Après migration, le gel est placé sous la lampe à UV. Pour éviter la dégradation de l’ADN sous l’influence des UV, une plaque protectrice en plexiglas est placée entre le gel et la source UV. Si la bande des produits d’amplification apparaît bien au poids moléculaire (PM) attendu, la bande d’intérêt est excisée du gel à l’aide d’une lame de rasoir et fractionnée en petits cubes, puis placée dans un eppendorf, et ensuite pesée. La masse en mg est assimilée au volume de gel. NB : Si le PM ne correspond pas ou si plusieurs bandes apparaissent, la stringence des conditions de PCR doit être modifiée. La température d’hybridation du programme peut être montée de façon à limiter l’hybridation aspécifique des amorces et l’amplification aspécifique subséquente. Ajouter l’équivalent de 3 v de tampon de solubilisation (tampon QX1, Qiagen). Placer 10 min à 50ºC pour favoriser la dissolution du gel. Ajouter 1 v d’isopropanol. Vortexer et placer sur la colonne d’absorption (colonne du kit High Pure DNA purification Kit, Roche). NB : Le tampon de solubilisation contient un indicateur de pH, la solution reste jaune si le pH est optimal pour l’adsorption sur la colonne (pH≤ 7.5). Par contre, lorsque le pH est trop élevé, la solution vire au rose. Dans ce cas, le pH doit être corrigé en ajoutant 10 μL d’acétate de sodium 3 M, pH 5. Centrifuger (Vmax, 1 min). Enlever le liquide résiduel, l’ADN est maintenant fixé sur la colonne. Rinser avec 500 μL de tampon de lavage, centrifuger (Vmax, 1 min). Enlever le tampon résiduel. Centrifuger (Vmax, 1 min) à nouveau pour éliminer les dernières traces d’EtOH. Eluer en ajoutant 50 μL de ddH2O au centre de la colonne. Puis centrifuger (Vmax, 1 min). Cette procédure permet de purifier environ 75% de l’ADN présent dans le gel pour des fragments de petites taille, et environ 50% pour les fragments de plus grande taille (≥ 1,000pb). Les fragments obtenus sont suffisamment purs pour pouvoir effectuer des digestions enzymatiques.
Le vecteur d’expression (environ 1μg d’ADN) et le produit PCR à cloner sont mis en présence des enzymes de restriction voulues, dans le tampon adéquat, et incubés 2 h. à 37°C (cf. Manuel New England Biolabs). Dans le cas de la digestion de produits PCR en vue d’un clonage, la purification de l’ADN sur colonne après restriction est suffisante. En effet, les fragments libérés lors de la digestion sont tellement petits qu’ils ne vont pas être adsorbés sur la colonne et être entraînés lors du lavage. Les 50μL de solution de digestion est dilué qsp 100 μL. Puis on ajoute 3 volumes de tampon de solubilisation (tampon QX, Qiagen), 100 μL d’isopropanol. Et on procède comme précédemment. Si le fragment libéré par la digestion du vecteur est inférieur à 30 pb, le vecteur peut être directement purifié sur colonne. Par contre, si le fragment excisé est plus grand, il risque d’être purifié avec le vecteur coupé et de perturber la ligation. Il faut donc séparer sur gel le vecteur digéré et le fragment excisé, puis purifier sur gel le vecteur coupé comme expliqué précédemment (cf. 2.2.2.3).
La ligation se déroule dans un très petit volume (20 μL) et à basse température, de façon à faciliter le rapprochement des extrémités cohésives de l’insert et du vecteur et l’action de la T4-ADN ligase. 50-400 ng de vecteur digéré purifié sont mis en présence d’un excès d’insert digéré purifié (0.1-1 μg), dans du tampon de ligation (Tris-HCl 300 mM pH 7.8, MgCl2 100 mM, DTT 100 mM, ATP 10mM), 1 μL de T4-DNA ligase (Promega), qsp 20 μL. La solution est incubée à 16°C pendant une nuit entière. NB : Dans le cas d’un clonage de petits inserts (≤1Kb), il peut être nécessaire d’augmenter le ratio insert/vecteur pour augmenter les chances de succès du clonage. La température de ligation peut également être diminuée pour favoriser le rapprochement de l’insert et du vecteur pour la ligation.
Pour l’amplification et le clonage de routine des différentes constructions, nous utilisons la souche NovaBlue commercialisée par Novagen et dérivée d’une souche d’ Escherichia coli K-12 portant une résistance à l’antibiotique tétracycline (Tet). Les NovaBlue ont une forte efficacité de transformation ce qui en fait de bons hôtes pour le clonage, d’autre part, elles portent les mutations recA endA qui permet de hauts rendements d’ADN plasmidique de bonne qualité.
Une pré-culture de la souche bactérienne d’intérêt est mise en culture dans 5 mL de LB/tétracycline (250 rpm, 37°C, toute la nuit), pour garantir une meilleure compétence, la colonie utilisée pour inocculer la culture doit être fraîche. Le lendemain, diluer la préculture dans 500 mL de LB frais, sans antibiotique pour garantir une croissance optimale des bactéries. Agiter vigoureusement 2-3 h. (250 rpm, 37°C) jusqu’à une DO600=0.5. A la DO désirée, répartir la culture dans des falcons 50 mL et centrifuger à 4°C (5,000 rpm, 10 min). A partir de cette étape toutes les opérations doivent être menées à 4°C, en utilisant des tubes et solutions refroidies à 4°C au préalable, pour garantir une compétence maximale. Resuspendre le culot dans 150 mL de TFB1 (KOAc 30 mM, MnCl2 50 mM, KCl 100 mM, CaCl2 10 mM, glycérol 15% m/v). Conserver la suspension cellulaire sur glace pendant 1 h., puis centrifuger (5,000 rpm, 5 min). Resuspendre très précautionneusement le culot résultant dans 20 mL de TBF2 (Na-MOPS pH 7 10 mM, CaCl2 75 mM, glycérol 15% m/v). Aliquoter la suspension cellulaire par 50 μL. Les aliquots sont immédiatement plongés dans l’azote liquide et stockés ensuite à -80°C. Une telle préparation donne typiquement des bactéries compétentes avec une efficacité de transformation de 104 à 106 transformants/μg d’ADN/aliquot.
Décongeler sur glace un aliquot de la souche bactérienne désirée, ajouter 10 à 50 ng d’ADN, ou environ ¼ de la solution de ligation (5 μL). Laisser sur glace 30 min. Transférer à 42°C pendant exactement 45 s., puis laisser 2 min sur glace. Ajouter stérilement 500 μL de SOC et incuber 1 h. à 37°C. Etaler sur boîte de Pétrie contenant l’antibiotique de sélection adéquat 1/10ème de la solution de transformation. Placer dans l’incubateur toute la nuit à 37°C.
Parmi les transformants ayant intégré un plasmide, il s’agit de sélectionner ceux qui ont intégré le plasmide muni de l’insert. Le criblage des transformants positifs peut se faire de deux manière : un criblage par restriction ou bien un criblage par PCR.
Ce type de criblage convient lorsque l’on procède à un clonage classique avec un fort taux de réussite. Une dizaine de clones sont sélectionnés, à partir desquels des minipreps d’ADN plasmidique sont préparées (cf. 2.2.1.1). Les minipreps sont ensuite digérées avec les enzymes de restriction correspondant aux sites d’insertion du clonage (cf. 2.2.2.4). Le produit de restriction est ensuite analysé par électrophorèse sur gel d’agarose (cf. 2.2.1.2). Les clones ayant intégré un plasmide muni de l’insert souhaité montreront deux bandes après restriction : le vecteur linéarisé et l’insert.
Ce type de criblage est recommandé lorsque le clonage réalisé a une faible taux de réussite, comme par exemple lorsqu’il s’agit du clonage de petits fragments (≤ 1Kb). Il permet en effet de cribler de nombreux transformants sans passer par l’étape fastidieuse des minipreps. Pour le criblage par PCR de transformants lors d’un clonage, il est possible de réaliser la PCR directement à partir de la colonie, sans passer par l’étape intermédiaire de miniprep. A l’aide d’un cure-dent stérile, la colonie est prélevée et étalée dans le fonds du tube à PCR. Pour lyser les cellules, le tube est mis au micro-ondes 1 min à puissance maximale. Ensuite les réactifs et oligos de PCR sont ajoutés au tube et la PCR réalisée comme décrit ci-dessus (cf.2.2.2.2). Les produits PCR issus de chaque colonie sont séparés sur gel. Seuls les tranformants ayant intégré un plasmide muni de l’insert montreront une bande au poids moléculaire attendu, ce qui permet de les discriminer.
Le système utilisant la Glutathion S-transférase (GST) permet l’expression et la purification de protéines recombinantes produites dans Eschericia coli . Le système est basé sur l’expression inductible de fragments de gènes fusionnés avec la GST de Schistosoma japonicum , conduisant à la production de protéines de fusion contenant la GST en N-terminal et une protéine d’intérêt en C-terminal qui s’accumulent en grande quantité dans le cytoplasme des cellules. Les protéines fusionnées à la GST sont construites en insérant un fragment de gène dans le site de clonage multiple du vecteur pGEX-6P-1 (Amersham Pharmacia). L’expression est placée sous le contrôle du promoteur tac, induit par l’analogue du lactose isopropyl β-D thiogalactoside (IPTG). Le vecteur pGex-6P-1 contient également le gène lac Iq . Le produit de ce gène est une protéine répresseur qui lie la région de l’opérateur du promoteur tac , empêchant l’expression de la protéine de fusion en l’absence d’IPTG. Ceci permet un contrôle très fin de l’expression des protéines recombinantes. Des essais d’expression à petite échelle sont menés sur quelques dizaines de clones, de façon à sélectionner un clone présentant un bon rendement, avant de passer à l’expression sur un grand volume de culture bactérienne. Les protéines de fusion peuvent alors être purifiées à partir de lysats bactériens par chromatographie d’affinité utilisant du gluthation immobilisé sur billes de sépharose. En effet, la GST a une très forte affinité avec son substrat le gluthation, ce qui va permettre la capture des protéines de fusion GST sur les billes, les impuretés seront supprimés par plusieurs lavages. Cette phase de purification permet d’obtenir de très grandes quantités de protéine de fusion.
Nous avons mis au point plusieurs constructions codant pour différents fragments de PARL fusionnés à la GST, dans le vecteur pGex-6P-1 (Amersham Pharmacia). Les fragments de PARL correspondant aux aa1-96 (HP1-96), aa 121-170 (HP121-170) et aa317-379 (HP317-379) ont été amplifiés par PCR à l’aide des couples d’amorces spécifiques (Tableau 2-1). Ces amorces introduisent également les sites de restriction EcoRI en 5’ et BamHI en 3’, ce qui permet l’insertion des fragments dans les sites EcoRI/BamHI du vecteur pGex-6P-1, en phase avec la séquence codant la glutathione S-transférase (GST) présente en 5’ dans le vecteur. Le gène de résistance à l’ampiciline porté par le vecteur pGex-6P-1 permet la sélection des transformants.
Pour la production de protéines recombinantes, nous avions commencé à utiliser une souche bactérienne spécialement adaptée, les BL21 (Stratagene). Cependant les niveaux d’expression restaient très faibles, c’est pourquoi nous nous sommes tournés vers les BL21-CodonPlus (Stratagene), qui nous ont permis d’exprimer en grandes quantités des protéines hétérologues. Bien que la production efficace de protéines hétérologues soit souvent limitée par la disponibilité de certains ARN de transfert (ARNt) qui sont abondants chez l’organisme dont provient la protéine, la souche CodonPlus pallie ce problème. En effet, cette souche contient des copies supplémentaires des gènes des ARN de transfert qui sont normalement limitants. Ceci permet des forts niveaux d’expression de nombreuses protéines recombinantes qui sont normalement faiblement exprimées dans les BL21 classiques. Bien que les niveaux d’expression soient très variables dépendamment du type de protéines recombinante générée, on peut cependant tabuler sur un rendement moyen de 2.5 mg de protéines recombinantes purifiées/L de culture. La procédure décrite ci-dessus est valable pour 200 mL de culture induite, ce qui correspondrait à 0.5 mg de protéine recombinante purifiée en final.
Une préculture de la souche de BL21 prétransformée avec le vecteur d’expression d’intérêt (cf. 2.2.2.6) est ensemencée la veille au soir dans 2-3 mL de LB-ampi. Le matin, la préculture est diluée au 1/1,000ème dans 200 mL de LB-ampi et remise à pousser jusqu’à une DO600 comprise entre 0.3 et 0.6. A la DO désirée, l’induction de l’expression de la protéine de fusion est commencée par ajout de isopropyl-β-D-thiogalactoside (IPTG, Roche) à 0.2 mM final. La croissance est poursuivie 4h., puis la culture est transférée dans des Falcons 50 mL et centrifugée (10,000 rpm, température pièce (TP), 10 min) pour récupérer les culots bactériens.
Les cellules sont lysées par 3 cycles de congélation/décongélation dans l’azote liquide. Les cellules sont soigneusement resuspendues dans 2 mL tampon de lyse (B-PER, Pierce) puis laissées sur la glace 10 min. La solution est ensuite centrifugée à vitesse maximum pendant 15 min pour faire culotter la fraction insoluble et séparer le surnageant contenant les protéines solubles et donc les protéines recombinantes. Pendant ce temps, 90 mg de billes d’agarose-GSH sont équilibrés dans 2 mL de tampon 1 (Tris-HCl 50 mM, pH 8) et laissées 10 min sur la glace, en agitant le tube régulièrement pour éviter la sédimentation des billes. Les billes sont réparties dans 3 tubes Eppendorfs (± 0.7 mL/tube), et centrifugées (3 min, 8,000 rpm, TP). Le surnageant est jeté et les billes resuspendues dans 0.5 mL de tampon 1, puis centrifugées à nouveau. La procédure est répétée une nouvelle fois. Un aliquote de 10 µL est prélevé du surnageant bactérien pour tester la quantité de protéines avant purification. Puis le surnageant bactérien est réparti dans les trois tubes contenant les billes, et incubé (1 h. 30 min, à 4°C, sous rotation constante) pour permettre la liaison des protéines recombinantes GST aux billes munies de gluthation. Ensuite, la solution est centrifugée (3 min, 8,000 rpm, TP). Un aliquote de 10µL est prélevé du surnageant pour tester la quantité de protéines résiduelles. Puis les billes sont rincées pour éliminer les liaisons aspécifiques : 2 fois dans 0.7 mL/tube de tampon 1, en prélevant un aliquote de surnageant à chaque fois, ensuite 1 fois dans 0.7 mL/tube de tampon 2 (Tris-HCl 50 mM, NaCl 150 mM, pH 8). Pour contrôler la qualité de la purification et la quantité de protéines purifiées, faire un gel SDS-PAGE avec les différentes fractions. Chacun des trois tubes contient environ 150 μg de protéine recombinantes fixée sur les billes de sépharose.
Le fractionnement subcellulaire est une technique délicate : elle consiste en la séparation progressive des différents compartiments cellulaires par des centrifugations et ultracentrifugations successives. Le problème essentiel rencontré est la contamination entre les différents compartiments. Le contrôle de la qualité et des contaminations entre les différents compartiments est effectué en utilisant des protéines marqueurs. La procédure présentée correspond à une adaptation des protocoles de Magy et al. et Huttner et al. (Nagy et al. , 1976; Huttner et al. , 1983).
Les quantités et volumes donnés sont valables pour 10 g de tissu frais, soit une vingtaine de souris sacrifiées. Après la collecte des cerveaux, toutes les opérations doivent être menées à 4°C pour limiter l’altération des tissus : manipulations des tissus et centrifugations comprises Toutes les solutions utilisées doivent être refroidies à 4°C dans un bain de glace avant utilisation.
Les animaux sont décapités et les cerveaux sont rapidement prélevés et placés dans 10 mL de tampon d’homogénéisation (sucrose 320 mM, HEPES-NaOH 4 mM, pH 7.3) contenant des inhibiteurs de protéases (Complete Inhibitor Protease Cocktail Tablets, Roche). Le tissu est séparé en plusieurs aliquotes et homogénéisé à l’aide d’un Potter en verre Téflon. L’homogénat (H) est centrifugé (10 min; 1,000 g) , le culot résultant contenant de larges fragments cellulaires et les noyaux (P1) est jeté, et le surnageant (S1) est collecté et centrifugé (15 min; 12,000 g). Le surnageant résultant (S2) contenant des petits fragments subcellulaires comme des microsomes, des fragments de myéline et des protéines solubles est enlevé. Le culot résultant (P2) est resuspendu soigneusement dans 6 mL de tampon d’homogénéisation en faisant des allers/retours avec la pipette, tout en évitant la partie brun sombre constituant la partie inférieure du culot et contenant les mitochondries. Centrifuger à nouveau (10 min; 11,000 g). Eliminer le surnageant (S2’). Le culot résultant (P’2) représente la fraction synaptosomale brute. Pour libérer les vésicules synaptiques des synaptosomes, resuspendre P’2 dans le tampon d’homogénéisation pour arriver à un volume final de 1 mL. Transférer cette fraction dans un Potter en verre Téflon, ajouter 9 volumes (9 mL) ddH2O, et faire plusieurs allers/retour du piston. Ajouter 200μL de tampon Hepes-NaOH (1 M, pH 7.4) et à nouveau des antiprotéases. Centrifuger la suspension (20 min; 33,000 g) pour récupérer la fraction culot lysé (LP1) et surnageant lysé (LS1). Séparer ces deux fractions très soigneusement, il est crucial que la fraction LS1 ne soit pas contaminée avec des traces de membranes provenant de LP1. LS1 est ensuite centrifugé (200 min; 260,000 g) pour obtenir les membranes légères incluant les vésicules synaptiques. Pour estimer la contamination entre les différents compartiments subcellulaires ainsi isolés, la présence de plusieurs marqueurs spécifiques aux compartiments est testée par western-blotting. La synaptophysine pour les vésicules synaptiques, la sous-unité NR1 du récepteur NMDA pour la membrane plasmique.
La synthèse des anticorps dirigés contre PARL a été confiée à la compagnie Covance (Princeton, NJ, USA). Les peptides utilisés pour l’immunisation correspondent à des fragments extramembranaires de la protéine et ont été choisis par analyse bioinformatique en fonction de leur immunogénicité potentielle et de leur conservation évolutive. Ainsi, les séquences des trois épitopes sont conservées chez l’humain, le rat et la souris, ce qui permet leur utilisation chez les Rongeurs. Le peptide baptisé 4NT est situé dans le domaine extramembranaire N-terminal en position aa54-69 (RKAPRKVEPRRSDPGT). Le deuxième peptide baptisé T2 est situé dans la première boucle extramembranaire, entre le TMH1 et le TMH2 en position aa143-152 (IRPQKEGDFR), et enfin le dernier peptide baptisé 4CT est situé en position C-terminale extrême : aa 367-379 (IRTNGPKKGGGSK). Deux lapins NZW ont été immunisés avec chacun des peptides synthétiques correspondant. Après chaque immunisation, la compagnie nous envoie un échantillon de sérum que nous testons pour déterminer le moment adéquat où la réponse immunitaire de l’animal est maximale avant le sacrifice de l’animal. Après collecte du sérum total, nos anticorps ont été purifiés suivant deux modes : sur colonne d’affinité munie de protéine A pour isoler les IgG ou sur colonne d’affinité munie des peptides ayant servi à l’immunisation pour isoler les IgG spécifiquement dirigées contre PARL. Nous avions donc trois types de préparation pour chaque anticorps : sérum natif, sérum purifié avec la protéine A, et sérum purifié avec le peptide correspondant. Les trois anticorps ont d’abord été testés en western-blot de façon à déterminer leur spécificité. Pour chaque anticorps, les trois préparations ont été testées pour vérifier la spécificité ainsi que la concentration optimale à utiliser en western-blot et en immunohistochimie (cf. 2.4.3).
Pour tester la spécificité des anticorps nous avons mis au point un système de compétition de l’anticorps avec son épitope, système utilisant des protéines de fusion entre un fragment de la protéine PARL portant le peptide reconnu par l’anticorps testé et la Gluthatione-S-Transférase (GST). Par exemple pour l’anticorps 4NT dirigé contre le peptide aa 54-69, la séquence codant pour PARL aa 1-96 a été sous-clonée à partir de la construction préexistante pEG202/HP1-96 dans le même cadre que la GST du vecteur pGex-6P1 (sites EcoRI/XhoI; Amersham Biosciences), pour générer la construction pGex-6P1/HP1-96. Puis les protéines recombinantes sont exprimées dans les BL21 et purifiées sur colonne d’affinité (cf. 2.2.3). L’anticorps 4NT est alors préincubé 1 h. 30 min sous rotation constante à 4ºC avec les protéine recombinantes fixées sur les billes de sépharose, dans un volume total de 500μL de tampon TBS. Il faut compter environ 150 μg de protéine recombinante pour assurer la compétition de 1 μL d’anticorps.
Trente-deux souris C57BL/6 réparties en huit groupes d’animaux ont été utilisées pour cette étude. Un groupe de souriceaux nouveau-nés (P0, n=5), un groupe âgé de 2 j. (P2, n=4), un groupe âgé de 4j. (P4, n=4), un groupe âgé de 7 j. (P7, n=4), un groupe âgé de 11 j. (P11, n=3), un groupe âgé de 14 j. (P14, n=3), un groupe âgé de 21 j. (P21, n=3) et enfin un groupe de souris âgées de 60 j. (P60, n=3), considérées comme adultes. Les animaux sont profondément anesthésiés avec un mélange de Kétamine-Xylol (40 mg/Kg, i.p.). Le thorax est incisé pour accéder au cœur et aux principaux vaisseaux sanguins. La solution de saline (NaCl 0.9%) doit couler goutte à goutte sans bulles d’air (vitesse du flux environ 5 mL/ min). Couper l’extrémité du ventricule gauche et y insérer la canule et la clamper. Couper l’oreillette droite pour permettre à la solution de saline de laver le sang avant de commencer la fixation. Lorsque le foie et les poumons apparaissent vidés de leur sang et que la solution de saline qui ressort est exempte de sang, changer de solution par la solution de fixatif de Zomboni (4% paraformaldéhyde, 15% acide picrique, dans du tampon phosphate (PB) 0.1M, pH=7.4). Laisser fixer 10 min Le cerveau est immédiatement enlevé du crâne, post fixé 1 h 30 min dans la solution de fixation, puis immergé dans une solution cryoprotective (NaH2PO4 5 mM, Na2HPO4 50 mM, glycérol 20% m/v, éthylène glycérol 30% m/v) pour être conservé à -20°C. Le cerveau est ensuite coupé longitudinalement en sections de 50 μm au vibratome. Les sections sont rincées dans du PB 0.1 M.
Trois souris C57BL/6 ont reçu 4 injections de 5-bromo-2’-deoxyuridine (BrDU, Sigma) à raison de 75 mg/Kg à 2 h. d’intervalle. La solution stock de BrDU est à 10 mg/ mL dans du Chlorure de Sodium à 0.9%. Pour faciliter la dissolution du BrDU, la solution est chauffée à 37°C. Le pH est ensuite ajusté à 7. Les animaux sont sacrifiés 24 h. après la dernière injection et perfusés comme décrit précédemment. Après post-fixation 1 h. 30 min dans la solution de fixation, le cerveau est sectionné longitudinalement en tranches de 50 μm. Pour révéler le BrDu, les sections doivent être pré-traitées avant immunohistochimie. Les sections sont incubées 30 min à 37°C dans du HCl 2 N. Pour rééquilibrer leur pH, elles sont ensuite incubées 10 min à la température de la pièce dans une solution de Borax (acide borique 0.1 M, pH 8.5), puis rincées 10 min dans du PB avant immunofluorescence classique.
Le profil d’expression de la protéine PARL dans le cerveau de souris a été étudié en immunohistochimie. L’ensemble des séra anti-PARL à notre disposition a été testé pour déterminer l’anticorps qui fonctionne le mieux pour détecter PARL en immunohistochimie, ainsi que la concentration optimale à utiliser. Plusieurs protocoles de perfusion utilisant des fixatifs différents, et ce sur différentes lignées de souris ont été également testés pour obtenir un marquage optimal. Seul l’anticorps 4NT dirigé contre l’extrémité N-terminale de PARL utilisé à une dilution de 1/3,000 sur des sections de cerveau de souris C57BL/6 perfusées avec le fixatif de Zomboni nous a permis d’obtenir un profil d’expression reproductible.
La co-expression de PARL avec les différents marqueurs de prolifération ou de différenciation a été visualisée par immunofluorescence simple et double, en utilisant l’anticorps 4NT dirigé contre l’extrémité N-terminale de PARL et les différents marqueurs.
Les sections humides sont d’abord montées sur lames recouvertes de gélatine. Après séchage à l’air libre, 15 min maximum pour éviter la détérioration de l’épitope, les sections sont préincubées (30 min, TP) dans une solution de saturation (sérum de chèvre normal 5% v/v, Triton X-100 0.5% v/v, Tampon Tris Salin (TBS) 0.05 M, pH 7.4) pour bloquer les liaisons aspécifiques, puis incubées (12 h., 4°C) dans une chambre humide avec un mélange d’anticorps polyclonal anti-PARL (4NT, 1 /2,000; Covance) et monoclonal anti-Nestin (1/500, Chemicon) ou anti-NeuN (1 /2,000; Chemicon) ou anti-GFAP (1/1,000; Sigma) ou anti-PCNA (1/3,000; Sigma), anti-βIII tubuline (TuJ-1, 1/1,000; Promega) dilués dans du TBS. Les sections sont ensuite rinsées dans du TBS 0.05 M et incubées (4 h., RT) avec un mélange d’anticorps secondaires anti-IgG de lapin couplés à un fluorochrome (AlexA488, 1/1,000, Molecular Probes) et anti-IgG de souris couplés à un autre fluorochrome (AlexA546, 1/1,000; Molecular Probes). Les sections sont ensuite analysées avec un microscope en fluorescence classique (Olympus) ou bien avec un microscope confocal (Zeiss Axioskop 2 FS Mot).
Le marquage au DAB est une technique alterne à l’immunofluorescence qui permet de visualiser la liaison d’un anticorps sur des sections. La procédure initiale est la même qu’en 2.4.3 jusqu’à l’étape de l’anticorps secondaire. Ici, on utilise un anticorps secondaire biotinylé (1/1,000) dilué dans du TBS. Les sections sont incubées 1 h. 30 min avec le secondaire puis rincées 3 fois avec du TBS. Pendant le lavage, préparer une solution ABC (Kit Vectastain, Vector laboratories) en diluant les solutions A et B du kit au 1/1000ème dans du TBS. Laisser 30 min Incuber les sections avec la solution ABC pendant 1 h. Laver trois fois avec du TBS. Préparer la solution de DAB-Ni (100 mL PB 0.01M + 28-35 mg DAB + 40 mg NH4Cl+ 5 mL NiNH4SO4 0.05 M). Enlever le dernier lavage et recouvrir les sections avec la solution de DAB-Ni. Laisser la solution pénétrer 20 min, puis ajouter 10 μL d’une solution d’H2O2 obtenue en diluant 10 μL de H2O2 à 30% dans 10 mL de ddH2O2 jusqu’à développement de la coloration. Interrompre la réaction en enlevant la solution de DAB-Ni. Rincer plusieurs fois avec du PB avant de monter sur lame.
La compétition de l’anticorps 4NT est réalisée en suivant la procédure décrite en 2.3.2.
Le système de double-hybride développé chez la Levure Saccharomyces cerevisiae ( Yeast Two-Hybrid ou Y2H) est un système très puissant et très sensible pour identifier les gènes codant pour des protéines interagissant physiquement (protéines proie ou cible) avec une protéine donnée (protéine appât) (Fields et Song, 1989; Chien et al. , 1991). Le Y2H exploite le fait que le facteur de transcription bactérien LexA possède un domaine de liaison à l’ADN (LexA DNA-BD) distinct de son domaine d’activation B42 (B42AD) (Figure 2-1). Des sites de liaison de la protéine LexA peuvent être placés en amont de gènes rapporteurs comme les gènes LacZ et LEU2, et introduits dans une souche de S. cerevisiae . L’expression de ces gènes ne sera activée qu’en présence du facteur de transcription bactérien LexA fonctionnel, c’est à dire muni du DNA-BD et du B42AD. Pour détecter une interaction physique entre deux protéines X et Y, on peut coexprimer chez S. cerevisiae des protéines de fusion LexA DNA-BD/ProtéineX (appât) et B42AD/ProtéineY (protéine cible d’une librairie d’ADNc par exemple). Si les deux protéines X et Y interagissent physiquement, le DNA-BD et B42AD seront réunis et l’activation de la transcription sera possible (Figure 2-1).
Nous avons choisi d’utiliser un système de Y2H très sensible de façon à pouvoir détecter les interactions faibles ou transitoires, comme le substrat ou les protéines régulatrices de PARL. Dans le système DupLEX-A Y2H (Origene), les deux gènes rapporteurs utilisés, LacZ et LEU2 , sont deux constructions séparées. Le gène LEU2 est précédé de 6 copies de l’opérateur LexA et intégré dans le génome de la souche de Levure EGY48 auxotrophe à la leucine et n’exprimant pas la β-galactosidase de manière constitutive. Le gène LacZ est précédé de 8 copies de l’opérateur LexA et porté par le plasmide rapporteur p8op-LacZ. Les multiples opérateurs LexA permettent la liaison de nombreuses protéines DNA-BD/appât sur chacun des promoteurs, ce qui amplifie l’intensité des signaux même faibles (Golemis, 1996). Il est à noter que la grande sensibilité du système augmente le risque de détecter des interactions aspécifiques et donc le nombre de faux positifs.
Cependant, l’utilisation conjointe de deux gènes rapporteurs pallie ce problème. En effet, pour que l’interaction soit positive, les clones sélectionnés devront être capables d’activer simultanément les deux gènes rapporteurs bien qu’ils soient munis de promoteurs différents. Ceci contribue à une réduction du nombre de faux positifs. Ainsi, la positivité de l’interaction entre PARL et le candidat potentiel de la librairie est détectée par la prototrophie à la leucine restaurée par activation du gène rapporteur LEU2 , ainsi que par l’activation du gène LacZ . L’activation de Lac Z peut être suivie par l’addition de X-Gal dans le milieu de culture. L’hydrolyse de ce substrat chromogène par la β-galactosidase codée par le gène LacZ colore les colonies positives en bleu. D’autre part, l’intensité de la coloration bleue des colonies, traduisant l’activité β-galactosidase, peut être corrélée à la force de l’interaction, ce qui permet de discriminer les interactions faibles, intermédiaires ou fortes (Estojak et al. , 1995). La Figure 2-2 résume les différentes étapes du Y2H qui seront décrites en détail dans les paragraphes suivants.
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Nous avons choisi comme appât les extrémités extramembranaires de PARL : HP1-96 (PARL-NT) et HP317-379 (PARL-CT). Les séquences correspondantes ont été sous-clonée en EcoRI/BamHI à partir des constructions pGex-6P-1 correspondantes, dans le même cadre de lecture que le domaine LexA du vecteur pEG202 (Origene), pour assurer l’expression des protéines chimériques utilisées comme appât HP1-96 et HP317-379/LexA DNA-BD (cf. 2.2.2). Le gène de résistance à l’ampicilline présent sur ce vecteur permet la sélection dans E. Coli . Ces vecteurs portant les appâts NT et CT de PARL seront appellés pEG202/appât dans le reste de la procédure.
La souche de levures EGY48 (Origene) est la souche utilisée pour porter la protéine appât/LexA-DNABD. Son génotype natif est le suivant [ MATα, his3, ura3, trp1 , LexAop(x6)-LEU2 ] ce qui signifie que cette souche est auxotrophe aux trois marqueurs de sélection histidine, uracile et tryptophane et qu’elle contient déjà le gène rapporteur LexA-LEU2. Dans cette souche, nous avons introduit deux vecteurs : le vecteur p8opLacZ qui porte le deuxième gène rapporteur utilisé pour le double-hybride, et le vecteur pEG202 portant notre protéine appât. Le vecteur p8opLacZ restaure l’autotrophie à l’uracile grâce au gène URA3 et le vecteur pEG202 restaure l’autotrophie à l’histidine grâce au gène HIS3, ce qui permet la sélection des transformants ayant intégré les plasmides.
NB : Tout le long de la procédure, travailler en milieu stérile pour éviter toute contamination et avec des solutions filtrées ou autoclavées.
Cette procédure permet d’obtenir à partir de 50 mL de culture, 5 x 50 μL de cellules compétentes EGY48 avec une efficacité de transformation moyenne de 103 à 104 transformants/μg d’ADN/50 μL de cellules. Inoculer une pré-culture de 5 mL avec une colonie de EGY48, dans du YPD. Incuber dans le shaker jusqu’à croissance saturée (30°C, 270 rpm, toute la nuit). Le matin, mesurer la DO600 de la culture. Faire une dilution appropriée de la culture de la nuit dans une flasque de 250 mL stérile contenant 50 mL de milieu YPD préchauffé à 30°C pour obtenir une DO600 finale de 0.2. Incuber à 30°C, en agitant à 200 rpm, jusqu’à ce que DO600 =1. Transférer la culture dans un Falcon 50 mL et centrifuger (3,000 rpm, 2 min). Enlever le milieu rapidement mais soigneusement et absorber les dernières gouttes en renversant le tube sur un papier absorbant. Ajouter 10 mL ddH2O stérile. Resuspendre les cellules en inversant le tube plusieurs fois. Ne pas vortexer sinon l’efficacité de transformation sera moindre. Centrifuger (3,000 rpm, 2 min), enlever l’eau. Resuspendre les cellules dans 5 mL de LiOAc/TE (LiOAc 0.1 M pH 7-7.4, TrisHCl 10 mM pH 7.5, EDTA 1 mM) en inversant le tube plusieurs fois. Centrifuger (3,000 rpm, 2 min), enlever le surnageant. Resuspendre les cellules dans 250 μL de LiOAc/TE en inversant le tube plusieurs fois. Centrifuger (3,000 rpm, 2 min), enlever le surnageant. Resuspendre les cellules dans 250 μL de LiOAc/TE en inversant le tube plusieurs fois. Pour chaque transformation, aliquoter 50 μL de cellules dans des tubes Eppendorf. Ajouter 1 μg d’ADN plasmidique (0.5 μg p8opLacZ+ 0.5 μg pEG202/appât). Mélanger doucement mais de manière homogène les cellules et l’ADN. Ajouter 300 μL de PEG dilué à 40% dans du LiOAc/TE. Mélanger en inversant les tubes plusieurs fois. Ne pas vortexer, le PEG fragilise les cellules. Incuber à 30°C pendant 30 min. Pendant ce temps, préparer un bain à 42°C, préchauffer les boîtes de Pétri en les plaçant dans l’incubateur à 30°C. Incuber les cellules à 42°C pendant 30 min. Centrifuger (20 s., 8,000 rpm), enlever le surnageant sauf 100 μL puis étaler 1/10ème de la solution de transformation sur des boîtes de Pétrie DOB déplétés en histidine et uracile (DOB H-U-). Seuls les transformants ayant intégré les deux plasmides pourront survivre sur ce milieu. Les boîtes contenant les transformants sont incubées 2-3 j. à 30ºC, jusqu’à ce que les colonies atteignent un diamètre de 1 mm environ. Choisir un clone EGY48[p8opLacZ;pEG202/appât] parmi les transformants.
Il s’agit ensuite de vérifier que l’appât est bien exprimé dans les clones EGY48[p8opLacZ;pEG202/appât] choisis. Un western-blot est réalisé à partir d’extraits des clones sélectionnés. Pour préparer les échantillons protéiques de Levures, inoculer une pré-culture de 5 mL avec une colonie de la souche de Levures d’intérêt, dans le milieu sélectif approprié si la souche contient un plasmide ou dans du YPD simple si la souche ne contient pas de plasmide. Dans le cas des souches porteuses d’un plasmide dont l’expression est induite par le galactose, ne pas oublier de mettre du galactose dans le milieu. Le matin centrifuger 1.5 mL de culture dans un tube eppendorf (Vmax, 2 min). Resuspendre le culot dans 5 mL/g de culot de solution de lyse Y-PER (Pierce Inc., USA), contenant le cocktail antiprotéase (Boeringher-Mannheim). Laisser agir 20 min à température pièce, puis centrifuger à nouveau (10,000 g, 4°C). Prélever le surnageant qui contient les protéines solubles. L’échantillon protéique est dilué dans du tampon 4X (Tampon LDS pour la Préparation des Echantillons pH 8.4 NuPAGE, Novex, USA) pour réduire les ponts dissulfure, additionné d’une solution d’antioxydants 10X (additif antioxydant NuPAGE, Novex, USA) pour limiter l’oxydation des protéines, avant d’être chauffé 10 min à 70°C. Les échantillons sont soumis à un western-blot (cf. 2.2.1.3). La présence de la protéine appât est révélée avec un anticorps anti-LexA (Clontech). Nous avons ainsi vérifié que nos deux appâts PARL-NT et PARL-CT/LexADNA-BD étaient exprimés.
Avant d’entreprendre le criblage de la banque d’ADNc, il est nécessaire de s’assurer que l’appât n’active pas seul les gènes rapporteurs LacZ et LEU2 . Le clone EGY48[p8opLacZ;pEG202/appât] choisi est étalé sur le milieu sélectif qui sera utilisé pour le criblage de la librairie : DOB (H-, U-, L-) pour vérifier l’absence de croissance sur milieu déplété en leucine. D’autre part, le clone est aussi testé sur le milieu DOB (H-, U-, L-) enrichi en X-Gal de façon à vérifier l’absence de coloration bleue des colonies qui indiquerait une autoactivation du gène LacZ . Nous avons aussi réalisé le test β-galactosidase des levures transformées par pBait et pTarget, les plasmides contrôle fournies par Origene qui constituent des témoins positifs.
Nous avons choisi de cribler deux librairies d’ADNc disponibles dans le commerce: une librairie d’ADNc de cellules HeLa dérivées d’un carcinome humain et une librairie d’ADNc de cerveau fœtal humain. Les ADNc de chaque librairie (Origene) ont été synthétisés à partir d’amorces oligo-dT, ce qui favorise la présence d’ADNc pleine longueur. Cette librairie est clonée unidirectionnellement dans le vecteur d’expression de levure pJG4-5. Ce vecteur permet l’expression de B42AD fusionné à un ADNc cible de la librairie. D’autre part, il permet de cribler des protéines potentiellement toxiques puisque son expression est inductible par le galactose.
Le criblage consiste d’abord à transformer la souche de levure EGY48[p8opLacZ;pEG202/appât] exprimant la protéine appât avec la librairie d’ADNc clonée dans le vecteur pJG4-5. Les transformants sont sélectionnés dans un milieu déplété en galactose, ce qui empêche l’expression de protéines toxiques de la librairie pendant cette première phase d’amplification du criblage. Les librairies Origene contiennent environ 3 x 106 ADNc indépendants, clonées dans le plasmide pJG4-5. En théorie, une librairie avec 3 x 106 ADNc indépendants contient des ADNc correspondant à des ARNm qui sont représentés, au sein de la population d’ARNm utilisée pour constituer la librairie, à une fréquence plus importante que 1 pour 3 x 106 molécules d’ARNm. Pour pouvoir isoler les ADNc de la librairie les plus rares, c’est à dire ceux dont la fréquence est rare, il est essentiel d’amplifier au moins le mêmes nombre de clones individuels de la librairie, soit obtenir au minimum 3.6 x 106 transformants dans la phase d’amplification. Une très forte efficacité de transformation s’avère donc nécessaire pour garantir une bonne représentation de la banque d’ADNc. Avant de procéder à la transformation de la librairie, dans un premier temps, nous avons optimisé le protocole de transformation présenté en 2.5.2 et ajouté des étapes supplémentaires présentées ci-dessous. Ensuite, des transformations pilotes ont été réalisées pour obtenir l’efficacité de transformation moyenne. Typiquement, nous avons obtenu des efficacités de 0.5 x 105 transformants/μg d’ADN de la librairie. Ceci nous a permis d’évaluer le nombre de transformations individuelles à réaliser pour obtenir 2-3 x 106 transformants (i.e. 40(!) par librairie). Les solutions de transformation sont ensuite étalés sur des boîtes de 22 x 22 cm de DOB (H-T-U-), en essayant d’obtenir 1-2 x 105 transformants/boîte. Le nombre de transformations individuelles à étaler sur chaque boîte est calculé à partir de l’efficacité de transformation moyenne dérivée des expériences pilotes. Il faut absolument éviter d’avoir trop de transformants par boîte, sinon les clones auront du mal à croître et la librairie sera mal représentée.
Inoculer une pré-culture de 5 mL avec une colonie de la souche EGY48[p8opLacZ;pEG202/appât] dans le milieu sélectif approprié DOB (H-U-). Incuber dans le shaker jusqu’à croissance saturée (30°C, 270 rpm, toute la nuit). Le matin, mesurer la DO600 de la culture. Faire une dilution appropriée de la culture de la nuit dans une flasque de 250 mL stérile contenant 50 mL de milieu YPD préchauffé à 30°C pour obtenir une DO600 finale de 0.2. Incuber à 30°C, en agitant à 200 rpm, jusqu’à ce que DO600 =1. Transférer la culture dans un Falcon 50 mL et centrifuger (3,000 rpm, 2 min). Enlever le milieu rapidement mais soigneusement et absorber les dernières gouttes en renversant le tube sur un papier absorbant. Ajouter 10 mL de ddH2O stérile. Resuspendre les cellules en inversant le tube plusieurs fois. Ne pas vortexer sinon l’efficacité de transformation sera moindre. Centrifuger (3,000 rpm, 2 min), enlever l’eau. Resuspendre les cellules dans 5 mL de LiOAc/TE (LiOAc 0.1 M pH 7-7.4, TrisHCl 10 mM pH 7.5, EDTA 1 mM) en inversant le tube plusieurs fois. Centrifuger (3,000 rpm, 2 min), enlever le surnageant. Resuspendre les cellules dans 250 μL de LiOAc/TE en inversant le tube plusieurs fois. Centrifuger (3,000 rpm, 2 min), enlever le surnageant. Resuspendre les cellules dans 250 μL de LiOAc/TE en inversant le tube plusieurs fois. Pour chaque transformation, aliquoter 50 μL de cellules dans des tubes Eppendorf. Ajouter 1 μg d’ADN de la librairie, ainsi que 15 μg d’ADN porteur qui va faciliter l’entrée de l’ADN de la librairie dans les cellules. L’ADN porteur utilisé est issu de sperme de saumon (Eppendorf), la solution stock est à 30 μg/μL et doit être dénaturée (10 min, 100ºC) avant utilisation. De plus, on ajoute également du DMSO (10% final) au milieu de transformation pour augmenter l’efficacité de transformation. Mélanger doucement mais de manière homogène les cellules et l’ADN. Ajouter 300 μL de PEG dilué à 40% dans du LiOAc/TE. Mélanger en inversant les tubes plusieurs fois. Ne pas vortexer, le PEG fragilise les cellules. Incuber à 30°C pendant 30 min Pendant ce temps, préparer un bain à 42°C, préchauffer les boîtes de Pétri en les plaçant dans l’incubateur à 30°C. Incuber les cellules à 42°C pendant 30 min Juste après le choc thermique, les cellules sont resuspendues dans 10 mL/tube de transformation de YPD préchauffé à 30°C et placées dans le skaker ( 2 h., 200 rpm, 30°C) dans une grande flasque de 250 mL pour favoriser l’oxygénation des cellules. Après ces 2h., ne pas oublier d’étaler 100 μL, 10 μL et 1 μL de la solution sur trois boîtes de Pétrie séparées (DOB H-T-U), pour pouvoir vérifier ultérieurement l’efficacité de transformation. Puis les cellules sont centrifugées (3,000 rpm, 2 min) et resuspendues dans un volume de DOB H-T-U- liquide permettant d’étaler 1 mL de solution/ boîtes de 22 x 22cm de milieu sélectif DOB H-T-U- maximum. Pour assurer une distribution homogène des clones, déposer la solution de transformants sur le milieu et verser une centaine de billes de verres (diamètre 4 mm) préalablement autoclavées. Faire rouler les billes doucement autour de la boîte pour distribuer uniformément la solution de transformation, puis transvaser les billes dans la boîte suivante. Cette technique marche seulement si la surface des boîtes n’est pas trop humide, de manière à ce que le milieu puisse absorber la solution. Pour assécher légèrement le milieu, il suffit de placer les boîtes fraîchement coulées 1 h. sous la hotte à flux laminaire avant l’emploi. Les boîtes sont ensuite incubées à 30°C. Les colonies commencent à apparaître dès 24 h. Continuer l’incubation jusqu’à ce qu’elles atteignent 1-2 mm de diamètre, soit 48 h. après. Ensuite, utiliser une lame de microscope 75 x 50 mm stérile prise sur sa longueur pour gratter et collecter l’ensemble des transformants dans un tube Falcon. Eviter d’inclure des morceaux d’agar qui gêneraient le pipettage ultérieur. Rincer les transformants deux fois avec 3 volumes de TE1X en centrifugeant entre chaque lavage (2 min, 3,000 rpm). Les transformants sont finalement resuspendus dans du DOB H-T-U- liquide additionné de 10% de glycérol, comptés, puis congelés en aliquotes de 1 mL à -80ºC.
L’efficacité de transformation de la librairie est calculée à partir des boîtes contrôle et le nombre total de transformants est déduit.
Il s’agit maintenant de tester ces transformants pour l’activation des gènes rapporteurs, en présence de galactose qui va induire l’expression de la protéine de la librairie. Pour être sûr de cribler également les ADNc faiblement représentés dans la population amplifiée à l’étape précédente, nous avons décidé de cribler 10x le nombre d’ADNc individuels représentés dans la librairie, soit 10x le nombre de transformants obtenus à l’étape précédente. Environ 10x le nombre de transformants obtenus est étalé sur des boîtes de 22 x 22cm le milieu sélectif DOB H-T-U-L-, enrichi en galactose et en X-Gal+, à une densité de 2-3 x 106 transformants/boîte maximum. Les boîtes DOB H-T-U-L- X-Gal+ sont incubées 2-5 j. à 30ºC, jusqu’à ce que des colonies se développent, la croissance étant ralentie dans le milieu X-Gal.
Seuls les clones positifs pour l’activation des deux gènes rapporteurs: LEU2 et LacZ ont été choisis, c’est-à-dire les colonies capables de croître sur un milieu déprimé en leucine et de coloration bleue. Pour ne pas négliger les interacteurs faibles, des colonies de bleu plus faible ont également été sélectionnées. Chaque clone sélectionné est repiqué sur des boîtes de milieu sélectif DOB H-T-U-L-/Galactose/X-Gal pour vérifier la positivité de l’activation des deux gènes rapporteurs. Les clones ayant passé ce test contiennent donc un plasmide pJG4-5/ADNc codant pour une protéine interagissant avec notre appât. Il s’agit maintenant d’extraire et d’amplifier ce plasmide pour pouvoir ensuite procéder au séquençage individuel des candidats à l’interaction (SUCOF, Université Laval).
En raison de leur paroi épaisse et résistante et du faible nombre de copies de plasmides présents dans les Levures, il est difficile d’obtenir un bon rendement lors de l’extraction d’ADN plasmidique. Pour obtenir un bon rendement d’extraction de l’ADN plasmidique des clones positifs pour le criblage, nous utilisons un kit (Bio101) qui permet d’obtenir typiquement 100 μL de minipreps d’ADN à 20 ng/μL .
Inoculer une pré-culture de 5 mL avec un clone positif pour l’interaction, dans le milieu sélectif (DOB-U-H-T). Transvaser 1.5 mL de culture dans les tubes fournis avec le kit. Centrifuger (Vmax, 30s.), enlever le surnageant et ajouter les billes de verre fournies avec le kit. Ajouter 250 µL de solution de lyse alcaline. Placer dans l’appareil agitateur à haute vitesse FastPrep (Bio101) et agiter (Vmax, 10 s.). Enlever les échantillons de l’appareil, ajouter 250µL de solution de neutralisation. Mélanger en vortexant brièvement puis centrifuger (Vmax, 2 min). Transférer le surnageant sur la colonne fournie avec le kit (Spin Filter) en évitant les débris blanchâtres contenant des protéines précipitées et les billes de verre. Ajouter 250 µL de la solution contenant la matrice qui va recueillir l’ADN (Glassmilk Spin Buffer). Inverser le tube pour mélanger, centrifuger (Vmax, 1 min) et enlever le liquide résiduel. Ajouter 500 µL de solution de lavage, centrifuger 1 min et enlever le liquide lavage résiduel. Répéter le lavage et centrifuger une fois supplémentaire pour éliminer toute trace d’EtOH résiduel. Transférer la colonne dans un nouveau tube. Ajouter 100 µL de ddH2O, vortexer doucement à vitesse moyenne et centrifuger (Vmax, 30 s.) pour collecter l’ADN.
La solution d’acides nucléiques de Levures obtenue en suivant la procédure précédente est constitué majoritairement d’ARN et d’ADN génomique. Seule une petite proportion correspond à l’ADN plasmidique de la librairie. C’est pourquoi il est nécessaire d’amplifier ce matériel plasmidique. Une première amplification est réalisée dans la souche d’ E. coli KC8 qui présente la particularité d’être auxotrophe au tryptophane (T-), ce qui va permettre la sélection des bactéries ayant intégré le plasmide pJG4-5 portant l’ADNc de la librairie. Les bactéries compétentes KC8 sont préparées selon la méthode décrite précédemment (cf. 2.2.2.6), cependant cette souche a des efficacités de transformation très faible (de l’ordre de 103 transformants/μg d’ADN). Pour pallier ce problème, il s’est avéré nécessaire de doubler la quantité de cellules dans les aliquotes de transformation, d’autre part, nous avons utilisé 15 μL de miniprep de Levures/transformation (soit environ 300 ng d’ADN total/transformation) pour augmenter la quantité d’ADN plasmidique. Enfin, après la transformation des KC8 suivant la méthode du choc thermique décrite précédemment, les cellules sont centrifugées (8,000 rpm, 1 min), resuspendues dans 100 μL de ddH2O et la totalité de la solution est étalée sur le milieu sélectif. Le milieu utilisé est le milieu minimal M9 déplété en tryptophane qui permet la sélection des transformants qui sont complémentés par le gène de prototrophie au tryptophane présent sur le plasmide de la librairie. Les boîtes sont incubées 2 j. à 37ºC pour permettre aux colonies une croissance suffisante pour être observable. Parmi les transformants, une colonie est sélectionnée et repiquée dans 2-3 mL de LB liquide. Une miniprep est réalisée à partir de cette culture. Là encore, le rendement est relativement faible, il s’agit d’aplifier une seconde fois le plasmide la librarie dans une nouvelle souche bactérienne les NovaBlue.
Pour réduire la consommation de bactéries compétentes, nous avons fait des aliquotes de 20 μL de bactéries Novablue compétentes que l’on transforme avec 5 μL de la miniprep de KC8, toujours selon la méthode du choc thermique. Ici, 1/5ème de la solution de transformation est étalée sur le milieu sélectif LB/ampi. Les boîtes sont incubées toute la nuit à 37ºC. Parmi les transformants, une colonie est sélectionnée et repiquée dans 2-3 mL de LB/ampi liquide. Une miniprep est réalisée à partir de cette culture. Typiquement, les rendements sont de l’ordre de 50 ng/μL. Cette miniprep contient le plasmide de la librairie contenant l’ADNc codant pour une protéine interagissant avec notre appât. Le plasmide est envoyé à séquencer en utilisant l’amorce pJG4-5sens au service de séquençage de l’Université Laval.