Conclusion

La revue des facteurs a permis de démontrer que les facteurs associés à la participation sociale sont nombreux et qu’ils interfèrent entre eux. Les résultats de l’étude révèlent que les facteurs de résilience personnels expliquent une part importante de la participation sociale, tandis que la partie de la variance inexpliquée suggère que certaines caractéristiques de l’environnement gagneraient à être davantage investiguées. L’ensemble de ces éléments tend à appuyer les approches d’intervention dites écologiques. Dans cet ordre d’idées, en 1986, le rapport Lalonde ouvrait une nouvelle perspective pour la santé en mettant l’accent sur la capacité des individus à se prendre en charge (14). Il reconnaissait l’importance de l’environnement et la nécessité de l’adaptation mutuelle de l’individu avec celui-ci. Les récents rapports sur la restructuration du réseau de la santé et des services sociaux allaient d’ailleurs en ce sens, par exemple avec la désinstitutionnalisation et le virage ambulatoire (252). De plus, les courants de pensée en psychologie positive résultent d’une analyse similaire et prônent le développement des forces de la personne au lieu de se centrer sur ses limites (120).

Les recommandations de cette étude appuient résolument ces perspectives. Les facteurs de résilience personnels déterminent la participation sociale et devraient être une préoccupation à tous les paliers d’intervention. L’environnement devrait constituer un facilitateur et non un obstacle à l’auto prise en charge des individus. Dans le monde de la réadaptation en déficience physique, la vision curative des déficiences et des incapacités doit poursuivre son évolution vers les modèles de référence positifs visant le développement des individus. Conséquemment, les milieux de réadaptation devraient réviser au besoin certaines pratiques et approches. Ceci peut signifier des ajustements dans les milieux de formation universitaire, dans l’organisation des services et sur le plan de l’indemnisation. De nouveaux champs de connaissances en rapport avec les facteurs de résilience sont à explorer et à développer dans les années futures. Le secteur de la réadaptation pourra bénéficier des connaissances élaborées dans des champs connexes sur le plan du développement de la capacité d’agir des individus, de l’organisation communautaire, de la promotion de valeurs sociales et autres. Ces recherches pourront amener une contribution à l’amélioration de la participation sociale des individus, tout en instaurant des modes d’intervention non-invasifs, relativement peu coûteux, qui valorisent la personne et qui, d’une certaine manière, impliquent l’ensemble de la communauté.