Annexe 5 — Message de Pierre Dupuy en introduction du Guide officiel

C’est une histoire qui a commencé en Grèce, environ sept cents ans avant notre ère. À intervalles réguliers, les cités grecques, si jalouses, si ambitieuses, si agressives, déclaraient une trêve d’un an pour aller à Olympie rendre hommage aux dieux, en leur présentant des offrandes qui, exposées aux yeux de tous — vases, armes, parures, statues — permettaient de se rendre compte du degré de civilisation de chacune d’elles.

Les amphictyonies furent les premières expositions universelles et internationales.

On y jouait de grandes tragédies de Sophocle, d’Eschyle, d’Euripide. On y entendait les plus beaux poèmes. On allait admirer les athlètes du stade. Ainsi sont nées les premières Olympiades.

Depuis, le monde s’est prodigieusement élargi, diversifié, enrichi de la recherche et de la découverte des hommes. La civilisation a franchi les limites de la Méditerranée pour s’étendre à l’immensité de la planète.

Il est devenu de plus en plus difficile et de plus en plus nécessaire de comparer, de savoir. C’est pourquoi les expositions ont acquis une valeur nouvelle. Celles de Londres et de Paris au siècle dernier ont révélé la révolution industrielle. Mais, qu’était celle-ci comparée aux transformations que la science et la technique apportent à la vie collective de notre temps?

L’Exposition universelle et internationale de Montréal a pour but de donner à chacun de ses visiteurs une explication du monde dans lequel nous vivons afin qu’il puisse se rendre compte que nous sommes tous solidaires les uns des autres, que ce qui divise les hommes est beaucoup moins important que ce qui les unit.

Pour visiter notre Exposition, l’idéal serait d’être accompagné par une de nos hôtesses, mais c’est malheureusement impossible. Ce qui ne les empêche pas d’être à la disposition de tous pour fournir les renseignements demandés. Mais le guide que nous avons préparé sera, moins le sourire, un compagnon précieux, d’abord au cours de la visite, et ensuite pour rappeler ce qui aura été compris et admiré. Il sera un témoignage auprès de générations futures qu’en cette année du Centenaire de la Confédération nous avons essayé de tout notre cœur de leur préparer un avenir de bonheur, de prospérité et de liberté.

Pierre Dupuy

Ambassadeur et Commissaire Général