Conclusion

Ce travail montre que les microorganismes solubilisant le phosphore ne représentent qu’une faible proportion de la microflore totale des sols et de la rhizosphère des cultivars de blé étudiés. Cependant, les cultivars de blé Alkama béri et Tétra semble stimuler les MSP au niveau de la rhizosphère et encore plus au niveau du rhizoplan. Les champignons qui ne représentent qu’une très faible proportion de la microflore totale solubilisent plus efficacement le P que les bactéries. Ainsi, de fortes relations ont été trouvées entre le nombre total de champignons, le nombre de champignons solubilisant le P et et la quantité de P soluble des sols étudiés. Suite aux tests de solubilisation au laboratoire, six bactéries et 2 champignons solubilisant efficacement le P sur milieu solide et en milieu liquide ont été sélectionnés et caractérisés. Parmis les bactéries testées, BR2, BR10, B3 et B22 produisent des sidérophores et de l’acide indole acétique, tandis qu’aucune d’entre elle n’a produit de l’acide cyanhydrique.

Les expériences, aux champs, effectués au Mali ont montré que les organismes évalués améliorent la germination, la croissance et la production du blé en solubilisation le P du phosphate naturel de Tilemsi. Cependant vue que la stimulation de la germination n’a été observée que chez les bactéries sécrétant les phytohormones qui favorisent la colonisation des racines par les champignons mycorhiziens et améliorent la nutrition minérale et la croissance des plantes, nous pouvons dire que la stimulation de la croissance observée n’est pas due au seul fait de solubilisation du P. Afin d’affiner les conclusions de cet essai, nous avons évaluer, au champ, l’effet de l’inoculation au champ avec les trois organismes qui ont donné les meilleurs résultats (C1, C13 et BR2) seul ou en combinaison champignon bactérie avec ou sans inoculation de champignon mycorhizien, sur la croissance, la production de graine et de paille, l’absorption du P et la mycorhization des racines par les champignons mycorhiziens.

Les résultats de cette expérience ont montré qu’il serait possible d’obtenir aux champs, au Mali, de bonnes récoltes de blé comparables à celles obtenues avec les fertilisants industriels. A défaut des engrais importés très coûteux et peu accessibles aux paysans à faibles revenus, le PNT avec un bon traitement d’inoculation représente une solution intéressante, aussi efficace que les fertilisants chimiques, pour la fertilisation du blé. Il est économiquement rentable d’utiliser le PNT traité avec un inoculant biologique pour la fertilisation du blé. Cependant, plusieurs autres essais dans plusieurs autres régions agricoles du Mali sont nécessaires pour tester l’efficacité de cet inoculant en présence de différentes communautés microbiennes du sol. Comme l’effet synergique entre les champignons filamenteux et les champignons VA est plus prononcé en présence de matière organique, la formulation d’inoculant devrait faire l’objet d’investigations futures.