CHAPITRE 4 CONCLUSION GÉNÉRALE

Table des matières

La présente recherche avait comme objectif général d’étudier les possibilités d’enlèvement de l’azote contenu dans les effluents domestiques à l’aide du procédé à culture fixée immergée BIO-FOSSEMD, lequel est basé sur l’utilisation de textile comme support bactérien. Plus spécifiquement, le projet avait comme premier objectif d’identifier de façon plus approfondie les processus d’enlèvement de l’azote impliqués en condition aérobie. En second lieu, il visait à vérifier si l’aération intermittente de la BIO-FOSSEMD permettait d’effectuer efficacement la nitrification et la dénitrification. Pour atteindre ces objectifs, un montage expérimental a été construit en laboratoire, de manière à recréer le procédé étudié.

Alimenté et aéré en continu, ce procédé permet d’atteindre une bonne nitrification, tout en assurant de bons enlèvements de la matière organique et des matières en suspension. Le calcul des bilans partiels d’azote laisse croire à la présence de dénitrification simultanée sous de telles conditions d’opération. Pour sa part, l’aération intermittente du réacteur a permis d’effectuer de façon alternée la nitrification et la dénitrification, menant à des enlèvements intéressants de NH4+ et de NO3-, mais non suffisants pour respecter les normes habituelles. Par ailleurs, des tests de cinétique réalisés ex situ sur le textile ont permis de mesurer des taux de nitrification et de dénitrification relativement élevés. De plus, la quantité de biomasse mesurée sur le textile BIOTEX® confirme la grande capacité de colonisation de ce média. Finalement, le suivi microbiologique a mis en évidence la présence de micro-organismes normalement trouvés dans les cultures fixées et indicateurs d’un traitement efficace.

Au niveau des mesures analytiques, les points suivants représentent certaines limites. En premier lieu, la mesure de l’affluent par colorimétrie au spectrophotomètre a été compliquée par la présence d’interférences, malgré la filtration des échantillons sur des filtres 1,2 µm. Ces interférences sont attribuées à l’aspect assez trouble de l’eau, surtout à l’affluent. Ainsi, il a été nécessaire de filtrer tous les échantillons sur des filtres 0,45 µm avant de les analyser par colorimétrie. Par ailleurs, les mesures des ions nitrite, nitrate et phosphate effectuées par colorimétrie se sont avérées inutilisables à cause d’interférences, malgré la filtration sur des filtres 0,45 µm. Les mesures de ces ions ont donc été effectuées par chromatographie ionique. Par ailleurs, comme aucune mesure n’a été prise en continu, cela peut faire en sorte que certaines variations de paramètres n’ont pas été détectées. De plus, comme les analyses de NTK n’ont pas été réalisées pendant la deuxième phase expérimentale (aération intermittente du réacteur), il est impossible d’évaluer l’enlèvement en azote total pour cette période. Ces résultats auraient permis de mieux comparer les enlèvements d’azote avec la période où le réacteur était aéré en continu, tout en évaluant avec plus de précision le potentiel de la technologie par rapport aux normes européennes. En outre, les gaz émergents de la BIO-FOSSEMD n’ont pas été analysés, lesquels pourraient contenir l’azote permettant de boucler les bilans ce qui confirmerait la présence de dénitrification simultanée pendant l’opération du réacteur sous aération continue. Par contre, l’analyse des gaz aurait exigé un protocole différent, impliquant par exemple le changement de l’apport d’air par un apport d’oxygène pur ou de gaz inerte autre que le N2, comme l’argon. De tels protocoles viseraient à s’assurer que la quantité d’azote mesurée inclut seulement l’azote provenant de la dénitrification et non celui qui se trouve dans l’air.

Malgré ces différents points, l’étude demeure valide et les tendances observées au cours de la réalisation de cette recherche quant au comportement épuratoire de la BIO-FOSSEMD sont valables.

Cette étude a permis d’améliorer les connaissances sur l’enlèvement de l’azote par la BIO-FOSSEMD. Des étapes supplémentaires sont par contre requises avant d’envisager l’opération de ce procédé sous aération intermittente à l’échelle municipale. En effet, des essais plus complets faisant varier les charges organiques et la durée des cycles seraient nécessaires afin d’optimiser l’enlèvement des composés azotés. Il serait également important d’étudier l’effet de la température pour prévoir le comportement du procédé en hiver. De plus, de nouveaux essais de détermination du temps de rétention hydraulique pourraient être réalisés en utilisant un traceur différent de l’uranine. Finalement, la réalisation d’essais pilotes est aussi conseillée avant de passer à l’échelle municipale.