Annexe 1 Généralités sur le test de sérologie

Usages de la sérologie

La sérologie dans le diagnostic des maladies bactériennes infectieuses pose des problèmes d’interprétation qui ne peuvent être résolus que par une appréhension globale de l’interprétation des tests biologiques dans un contexte clinico-microbiologique précis.

La sérologie a, avant tout, un usage indiscuté et indispensable qui est celui du diagnostic. Il convient ici de rappeler que le paramètre évalué est le plus souvent la réponse immunologique humorale à un agent infectieux (par exemple l’Helicobater pylori ) et que celle-ci nécessite un temps variable (de 5 à 15 jours en règle) et persiste longtemps (de quelques semaines à quelques années). Dans cette réponse humorale les IgM apparaissent et disparaissent souvent plus précocement. Ainsi l’utilité d’un titrage d’IgM sur un sérum unique comme indicateur d’une infection récente doit être évaluée pour chaque agent infectieux. Dans certaines pathologies infectieuses (fièvre, toxoplasmose...) un dosage des IgA peut avoir un intérêt.

De ceci découle, que souvent une séquence de prélèvements, espacés de quelques jours, permettra seule d’apprécier la cinétique des anticorps et donc d’affirmer le caractère récent de l’infection. Cette répétition des prélèvements permettra d’objectiver une séroconversion (premier sérum négatif, deuxième sérum positif) ou une élévation significative (x4) du titre des anticorps.

Les prélèvements uniques permettront rarement un diagnostic et ainsi celui-ci surviendra dans la plupart des cas durant la convalescence. La sérologie peut également être utilisée pour apprécier l’état d’immunité d’une population (séro-épidémiologie) et sa valeur sera alors en fonction du titre considéré comme positif. La sensibilité et la spécificité du test ELISA pour la détection de l’infection à Helicobacter Pilory varie de 85 à 95 %, mais sa valeur prédictive positive peut être inférieure (ex : avec une prévalence à 30 %, la valeur prédictive positive du test sera d’environ 60 %)

La sérologie ne devrait pas être employée pour définir l’appartenance étiologique d’une pathologie, ce type de travaux ayant abouti dans presque tous les cas à l’échec (sclérose en plaques et rickettsies à titre d’exemple).

Techniques de sérologie

Certaines techniques sérologiques, les plus connues et les plus anciennes, telles les agglutinations bactériennes classiques(Widal, Wright, Weil-felix), ont du fait de leur grossièreté technique une valeur modeste liée à de nombreuses réactions croisées.

La plupart des techniques développées actuellement utilisent une réaction immunologique de type `Sandwich` révélant une réaction entre un antigène et un anticorps anti-humain marqué par une molécule fluorescente (immuno-fluorescence), radioactive (RIA) ou enzymatique (ELISA).

Ces méthodes peuvent permettre de détecter des antigènes (pris entre deux anticorps spécifiques) ou de capturer de façon privilégiée les IgM. Par ailleurs se développent des techniques d’agglutination de matériel inerte (latex) qui ont une valeur théorique moindre mais une plus grande maniabilité et une rapidité incontestable (quelques minutes).