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Cette étude vise à décrire la prévalence de l’ H. pylori chez l’adulte et les facteurs qui y sont associés dans certaines régions rurales du Québec. Les principaux objectifs poursuivis par cette étude sont les suivants:1- Décrire la prévalence de l’infection à l’ H. pylori dans une population rurale résidant dans des secteurs de culture intensive;2- Étudier les facteurs associés à cette infection, et plus particulièrement : l’âge, le sexe, la scolarité, l’occupation, la région de résidence, le revenu, le tabagisme, l’alcool, et les maladies associées.
Il s’agit d’une étude transversale à visée descriptive. Elle fait partie de la grande étude qui s’est déroulée entre octobre et novembre 1995 dans 4 milieux ruraux de culture intensive dans la région de Québec et qui devait étudier principalement l’impact de la consommation d’eau de puits domestiques potentiellement contaminée par les nitrates sur l’exposition au nitrate chez des adultes (Levallois, 2000). L’infection à H. pylori avait alors été étudiée comme facteur susceptible d’être impliqué dans la formation de nitrates endogènes.
Le groupe de recherche Ecogestion a mené une enquête via la firme québécoise de sondage Léger et Léger. Lors de cette enquête, un échantillon représentatif de la population des régions de Portneuf, l’île d’Orléans, Lanaudière et Nicolet a été constitué (annexe 4).
Pour être inclus dans l’étude, les participants devaient satisfaire à tous les critères suivants :
- être âgé de 20 à 74 ans;
- résider dans la région depuis au moins 6 mois;
- consommer l’eau de son puits privé chaque jour;
- travailler à la maison ou à proximité de celle-ci.
Par ailleurs, pour les besoins de l’étude sur les nitrates, les personnes possédant des critères suivants étaient exclues:
- avoir été absent de sa résidence dans les trois jours précédant la collecte;
- être utilisateur d’un appareil de traitement d’eau qui filtre les nitrates;
- être consommateur d’une autre sorte d’eau que celle de son puits;
- être incapable de revenir à la maison pour manger les jours prévus par la collecte;
- boire plus qu’un café au travail ou au restaurant par jour;
- pour les femmes : être enceinte ou en période d’allaitement.
Un échantillonnage aléatoire de deux mille trois cent trente-trois (2333) numéros de téléphone à partir d’annuaires téléphoniques des municipalités ciblées (liste des municipalités participantes à l’annexe 4) a été effectué et on a procédé à une enquête téléphonique auprès des répondants en automne 1994. Le répondant au questionnaire par téléphone devait être responsable du foyer et sa date de naissance se situer le plus proche de la date de l’appel. Des 2333 résidents contactés, 1142 (48,9 %) personnes ont accepté de répondre par entrevue au questionnaire général visant à connaître la perception par la population de l’impact des pratiques agricoles sur l’environnement. Trois cent vingt-six personnes (14 %) ont refusé l’entrevue pendant que 865 (37,1 %) sujets n’ont pas pu être interviewés pour des raisons diverses (mauvais numéros, hors secteur, langue étrangère, absence du répondant etc.). À l’aide de ces entrevues, il a été possible d’identifier 932 individus possédant un puits domestique. Et parmi ceux-ci, 344 (36,9 %) se sont montrés intéressés à participer à la recherche sur l’exposition aux nitrates et ont répondu aux critères d’éligibilité (voir section 2.2.2.3).
Des 344 personnes qui étaient éligibles, seulement 119 (34,6 %) ont accepté de se soumettre aux exigences de la présente étude (collecte des urines et les prélèvements sanguins). Dix épouses des répondants rencontrant les critères d’éligibilité ont aussi été incluses dans l’étude. Par ailleurs, il fut décidé d’augmenter dans un second temps l’échantillonnage systématique dans les régions à haut-risque de contamination par les nitrates. Le second recrutement comportait en tout 351 individus éligibles dont 107 (30,5 %) acceptèrent de participer. Au total 236 participants enrôlés dans les 2 phases de recrutement ont accepté de se soumettre aux exigences de cette étude.
Le questionnaire auquel chaque participant a répondu, constitue l'instrument qui nous a permis de recueillir les informations concernant nos variables indépendantes. La plupart des participants à notre étude étaient en bonne santé. Ce questionnaire visait entre autre à évaluer les maladies survenues au cours de la dernière année, les malaises survenus dans les dernières 24 heures et les médicaments consommés dans les dernières 24 heures (le questionnaire est présenté à l’annexe 5).
Le questionnaire a été construit spécifiquement pour cette étude et il incluait quelques questions sur les antécédents gastro-intestinaux et les symptômes éventuels. Un pré-test a été mené auprès de huit résidents de la ville de Québec et a permis d’apporter certaines corrections et ajustements au questionnaire (Louchini, 1997).
Le deuxième instrument était le test sérologique d’Elisa (Enzyme-linked immunoabsorbent assay) qui nous a permis de connaître le statut sérologique de chacun de nos sujets. Il consistait à un dosage des anticorps à H. pylori et cela a été effectué au laboratoire du centre de recherche de l’hôpital du Saint-Sacrement. Le test provenait de la compagnie Biorad (Hercules, CA) (voir annexe 6) et son principe est la recherche des anticorps anti- H. pylori dans le sérum du sujet (anti IgG). Les contrôles de qualité internes étaient fournis par le manufacturier dans chaque lot de 20 sujets. Dix contrôles positifs et dix négatifs ont été inclus dans l’étude. Les contrôles positifs étaient compris entre 18-45 μ/ml alors que les négatifs étaient compris entre 0-3 μ/ml (Annexe 6). Les sérums des participants qui ont été trouvés positifs ou équivoques pour l’ H. pylori au premier test ont subi un deuxième test sérologique sur le même échantillon. Si les 2 tests donnaient le même résultat, celui-ci était interprété comme tel. Mais lorsque le résultat de ce deuxième test était différent du premier, un troisième test était nécessaire pour départager. Un spécimen avec des valeurs plus grandes que 20 μ/ml dans au moins 2 des 3 résultats était interprété comme positif. Un spécimen avec des valeurs entre 12,5 et 20 μ/ml dans au moins 2 des 3 résultats était considérer comme équivoque.
Le statut sérologique était déterminé par les valeurs sériques d’anticorps H. pylori. Les valeurs au-delà de 20 μ/ml ont été considérées comme positives, celles entre 12,5 et 20 μ/ml comme équivoques tandis que celles inférieures à 12,5 μ/ml étaient considérées comme négatives. Cependant, lors des analyses présentées dans ce mémoire, nous avons inclus les équivoques dans nos analyses comme étant des positifs. Ceci motivé par le fait que les équivoques ont quand même développé des anticorps contre l’ H. pylori sans peut-être que les dilutions n’atteignent les valeurs fixées pour les déclarés positifs. Ainsi nous avons évité d’exclure dans les analyses les individus qui avaient plus de chance de se retrouver parmi les positifs que parmi les négatifs.
L’âge, exprimé en années révolues, était celui au moment de la collecte des données. Il est exprimé en nombre d’années (en arrondissant à l’entier inférieur). Plusieurs classes d’âge ont été formées lors de l’analyse des données.
La scolarité était pris en compte selon que le sujet avait un niveau élémentaire ou secondaire d’une part ou qu’il avait un niveau de scolarité collégial ou universitaire d’autre part.
L’occupation des participants était divisée en quatre catégories qui sont : les cols blancs (employés de bureau), les cols bleus (ouvriers, employés de fonction publique assignés à des travaux de plein air), les sans emplois et les agriculteurs.
Nous avons considéré le revenu brut familial pour chaque individu de l’échantillon. Nous avons préféré créer quatre catégories selon que le revenu total de la famille était inférieur à 20 000 $ par année, entre 20 000 et 40 000 $ par année, 40 000 et 60 000$ par année et enfin selon qu’il était supérieur ou égal à 60 000 $ par année.
Variable qui évalue l’exposition à la fumée de cigarettes en tant que fumeur. Elle a été considérée comme dichotomique (fumeur ou non-fumeur). Le nombre de cigarettes consommées par jour, le nombre d’année de consommation n’étaient pas inclus dans l’analyse.
Il s’agit de la consommation d’alcool pendant la période de l’étude. Variable dichotomique, les sujets étaient soit buveur ou soit non-buveur.
Cette variable regroupait les problèmes gastro-intestinaux tels que l’ulcère gastrique, la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse, le cancer, les antécédents de gastroscopie et autres. Dans le questionnaire médical (voir annexe 5) le participant devait répondre à la question, à savoir s’il avait déjà consulté pour des problèmes de santé.
Ils consistaient en général en des symptômes en relation avec le tractus digestif et son transit, les douleurs articulaires et autres infections (voir annexe 5).
Les symptômes gastro-intestinaux comme des brûlures d’estomac, des difficultés de digestion, la diarrhée et bien d’autres ont faits l’objet des questions posées aux participants.
Le déroulement de la collecte des données s’est échelonné sur trois jours consécutifs. Les 2 premières journées étaient pour répondre aux exigences de l’étude sur les sources des contaminations aux nitrates. Donc ses résultats ne font pas l’objet de ce mémoire.
Au cours de la troisième journée, était administré par la diététicienne, un questionnaire concernant les habitudes de consommation alimentaire dans le dernier mois, un questionnaire alimentaire et de consommation d’eau dans les dernières 24 heures ainsi que un questionnaire médical par l’infirmière. C’est plutôt la troisième journée qui nous intéresse dans la présente étude. L’infirmière en charge d’administrer le questionnaire médical avait par la même occasion procédé à une prise de sang pour l’examen sérologique au laboratoire (recherche des anticorps anti- Helicobacter pylori ). Chaque entrevue durait entre 20 à 30 minutes. Les prélèvements sanguins étaient effectués dans des tubes non-héparinés de 10 ml. Les tubes de sang ont été acheminés au laboratoire du Centre de recherche de l’hôpital du Saint Sacrement dans les 24 heures suivant leur prélèvement. Ce transport devait s’effectuer dans un environnement conservant les prélèvements à une température de 4 0C (voir annexe 7).
Avant toute chose nous avons procédé à l’intégration de tous les individus avec une sérologie jugée équivoque dans le groupe des individus ayant été testés positifs. Nous les avons considéré comme positifs dans les analyses que nous avons effectuées.
Pour nous permettre de comparer les prévalences de H. pylori selon les facteurs associés, les symptômes et les maladies fréquemment rencontrées, nous avons utilisé le test de chi-carré.
Le rapport de côte de prévalence (RC) a été la mesure d’association que nous avons utilisée. La variable dépendante (sérologie positive à l’ H. pylori ) était mesurée sous forme de prévalence à l’ H. pylori . Une modélisation à l’aide de la régression logistique a été utilisée pour faire des analyses univariées et multivariées. Cette dernière nous a permis d'examiner de façon simultanée les variables indépendantes retenues tout en contrôlant pour les autres variables et facteurs possiblement confondants. Parmi les variables indépendantes étudiées celles associées à l’ H. pylori avec un seuil de signification statistique inférieur à 0,05 ont été retenues pour les analyses subséquentes.
Nous avons utilisé le logiciel SAS version 8.0 (statistical analysis software) pour effectuer les analyses statistiques.
Pour atteindre les objectifs que nous nous sommes assignés, nous avons adopté la stratégie suivante :
Dans un premier temps, nous avons cherché à décrire les caractéristiques de notre échantillon en étudiant la distribution de toutes nos variables indépendantes. Ensuite, nous avons déterminé les proportions d’individus ayant une sérologie à l’ H. pylori positive, équivoque ainsi que ceux ayant une sérologie négative à l’intérieur des différents groupes de nos variables socio-démographiques ainsi que parmi les différents groupes de variables associées à l’histoire médicale. Toutes valeurs manquantes étaient écartées des analyses.
Par la suite, nous avons comparé ces proportions entre elles à l’aide du test de khi-carré tout en déterminant le degré de signification de chaque statistique trouvée.
Finalement, nous avons sélectionné les variables indépendantes jugées en relation avec la sérologie positive de manière statistiquement significative au seuil fixé pour en faire des analyses de régression logistique.
Un consentement libre et éclairé a été obtenu auprès de tous les participants lors de l’étude. Seules les personnes pour lesquelles un consentement a été obtenu par téléphone ont été visitées et lors de la collecte, un formulaire de consentement a été lu et signé par le participant à la première visite (voir annexe 9). Toutes les données recueillies dans le cadre de cette étude ont fait l'objet d'un traitement strictement confidentiel. Le projet de recherche a été accepté par le comité d’éthique du CHUL (Louchini, 1997).