CHAPITRE III RÉSULTATS

Table des matières

La répartition des participants selon les différentes régions de résidence est détaillée au tableau VI dans lequel la région de Portneuf domine en nombre avec 156 sujets représentant 66,1 % de l’ensemble de l’échantillon.

Le tableau VII nous présente les différentes caractéristiques de notre échantillon. Pour la répartition selon le sexe, il y avait 52,54 % d’individus qui étaient de sexe féminin pendant que le sexe masculin représentait 47,46 %. En ce qui concerne la scolarité, 44,49 % d’individus avaient complété les études secondaires, 22,00 % avaient complété les études primaires pendant que 20,01 % avaient un niveau d’étude collégiale et 13,39 % universitaires.

Les sans-emploi et les étudiants constituaient plus de la moitié de l’échantillon soit 54,70 % suivi des cols bleus (travailleurs de plein air, 21,37 %), des cols blancs (employés de bureau, 16,24 %) et enfin des agriculteurs (7,63 %).

Parmi les gens dont on avait les informations sur le revenu, 34,07 % avaient entre 20 000 $ à 40 000 $ par année et 32,97 % avaient un revenu compris entre 40 000 $ à 60 000 $.

Quant à la consommation de cigarettes, 85,04 % de notre échantillon était non-fumeur pendant que 14,96 % fumaient la cigarette. Il y avait 73,19 % consommaient de l’alcool contre 26,81 % qui n’en consommaient pas.

Les résultats de la sérologie à H. pylori en fonction de l’âge sont présentés au tableau VIII. Sur les 236 sujets de notre étude, 74 (31,35 % intervalle de confiance à 95% : 20,78 – 41,92 %) présentaient une sérologie positive ou équivoque à l’ H. pylori . Il y avait au total 24 sujets avec un résultat sérologique équivoque. La moyenne d’âge de personnes avec un résultat de sérologie positif était de 53,6 ans avec le minimum à 30 ans et le maximum à 73 ans. Chez les sujets avec un résultat négatif, la moyenne d’âge était de 44,6 ans avec le minimum à 22 ans et le maximum à 72 ans avec l’écart-type à 11,6 ans.

La séroprévalence était de 5,00 % chez les 20 à 34 ans et de 60,87 % pour les 65 ans et plus. Le test de tendance fait sur les résultats de prévalence à l’ H. pylori selon les catégories d’âge s’est révélé significatif. La valeur du chi-carré total était de 28,99 avec 4 degrés de liberté. Celle du chi-carré tendance était de 26,38 avec 1 degré de liberté et le chi-carré résiduel (linéaire) était de 2,61 avec 3 degrés de liberté. Ces chi-carrés étaient statistiquement significatifs avec une valeur p=<0,0001. Ces résultats permettaient de conclure que la séroprévalence à l’ H. pylori croît avec l’âge. Cette croissance était linéaire et n’était pas explicable par les seules fluctuations du hasard. L’analyse de l’âge en continu nous montrait que pour toute croissance de l’âge d’une unité, le taux de prévalence à l’ H. pylori croissait de 1,07 %. Les intervalles de confiance de ces prévalences sont présentés dans ce tableau VIII.

La prévalence de la sérologie positive en fonction des autres caractéristiques des participants est présentée dans le même tableau VIII. La sérologie positive était légèrement élevée chez les hommes (34,82 %) par rapport aux femmes (28,23 %). Mais ces résultats n’étaient pas statistiquement significatifs.

La séropositivité pour H. pylori a montré une tendance inverse (p<0,05) avec le niveau d’éducation à partir de 14,29 % chez les sujets avec le niveau d’éducation élevé (universitaire) jusqu’à 28,57 % chez les sujets avec un niveau d’éducation collégial, 30,11 % chez ceux avec un niveau d’éducation secondaire, 45,65 % chez ceux avec un niveau d’éducation primaire seule.

La séropositivité a tendance à baisser lorsque le revenu augmentait mais ce résultat n’était pas statistiquement significatif au seuil de 5 % (p = 0,1066). Quarante pour cent des participants avec un revenu de 20 000 $ année et moins étaient positifs; trente-cinq et quatre-vingt-treize pour cent (39,95 %) des sujets ayant un revenu compris entre 20 000 $ et 40 000 $ par année étaient trouvés positifs pendant que seulement 6,67 % de ceux ayant un revenu de 60 000 $ année et plus ont été trouvé positifs.

La sérologie positive était plus élevée chez les fumeurs (40,00 %) que chez les non-fumeurs (29,65 %) mais cela n’était pas statistiquement significatif (p = 0,2228). La sérologie positive à H. pylori était légèrement élevée dans le groupe de personnes qui ne consommait pas d’alcool (34,92 %) par rapport au groupe constitué des personnes consommant l’alcool (30,23 %), mais ce résultat n’était pas significatif (p = 0,4931).

Les résultats de sérologie en fonction des symptômes cliniques et les antécédents pour les signes cliniques sont présentés au tableau IX. La séropositivité pour l’ H. pylori n’a pas été trouvée très différente chez les personnes avec antécédents de maladie intestinale (33,33 %) par rapport à celles sans antécédents de maladie intestinale (31,16 %). Parmi les maladies qu’on a trouvé chez les personnes séropositives il y avait les maladies infectieuses comme la pneumonie, la sinusite, les infections urinaires, les pharyngites. Par contre une analyse par maladie était difficile pour des raisons de manque d’effectif. Il n’était pas non plus possible de faire des subdivisions dans les maladies gastro-intestinales par manque d’informations spécifiques rapportées.

La séropositivité était élevée chez les personnes présentant des douleurs articulaires dans les 24 dernières heures (46,67 %) pendant que chez les personnes sans douleurs articulaires dans les 24 dernières heures elle était de 29,27 %.

Elle était élevée aussi chez les personnes présentant des brûlures d’estomac à 37,50 % contre 31,50 % pour celles ne présentant pas ces symptômes mais ce résultat n’était pas statistiquement significatif.

Tableau IX : Prévalence de la séropositivité à l’ H. pylori par catégories d’antécédents médicaux, symptômes et signes cliniques (suite)

Les effets des variables indépendantes ont été évalués à l’aide d’une régression logistique univariée et les résultats sont présentés au tableau X.

Ce tableau nous montre que l’âge avait un grand effet sur la probabilité de séropositivité à l’ H. pylori. Cet effet était statistiquement significatif pour toutes les catégories d’âge. Pour les 55 à 64 ans, le rapport de cote (RC) de prévalence était de 17,47 (p = 0,0002) comparé au groupe des 20 à 34 ans. Comparé à la même catégorie de référence, le RC de prévalence dans le groupe des 65 et plus était de 29,54 (p < 0,0001).

Il montre les résultats de l’analyse univariée dans laquelle le niveau d’étude, le revenu et les douleurs articulaires des 24 dernières heures étaient associés à une baisse de la prévalence de la séropositivité à H. pylori .

En ce qui concerne le niveau de scolarité, cette relation inverse entre le niveau d’étude et la séropositivité à l’ H. pylori était significative au seuil de 5 % pour la catégorie des universitaires (p = 0,0086) pendant que pour les autres catégories il y avait une association négative mais non significative. Pour le revenu, cette relation protectrice du revenu élevé des sujets sur l’infection à l’ H. pylori n’était pas statistiquement significative pour toutes les catégories de revenu.

Le tableau X montre également les résultats des analyses de régression logistique multivariée pour l’âge, le niveau de scolarité, les douleurs articulaires. Le niveau de scolarité et les douleurs articulaires ne se sont pas révélés significatifs au seuil de 5 % après avoir pris en considération l’effet de l’âge.

En considérant les 5 catégories d’âge après ajustement pour les autres facteurs on a constaté que toutes les catégories d’âge montraient une association positive avec la séropositivité à l’ H. pylori de façon statistiquement significative et que l’association était d’autant plus forte que les sujets appartenaient à des catégories des plus âgés (65ans et plus : RC = 30,23 p = 0,0002). En comparant les rapports de côte (RC) décrivant l’effet de l’âge, nous pouvons constater que les mesures ajustées ne diffèrent pas beaucoup des mesures brutes. Ce qui nous fait penser qu’il n’y a pas d’effet de confusion du niveau de scolarité ou des douleurs articulaires sur l’effet de l’âge. Dans le cas de la scolarité, l’ajustement a fait disparaître l’association négative que nous avions obtenue dans notre modèle brut, ce qui nous fait penser qu’il y avait bel et bien effet de confusion des variables comme l’âge, la scolarité et les douleurs articulaires qui ont été considérées dans l’ajustement.