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Conclusion

Le travail présenté dans ce mémoire avait comme objectif principal de démontrer que les myoblastes prélevés sur des sujets atteints de la forme congénitale de la dystrophie myotonique de type 1 (DM1) sécrètent un facteur qui inhibe la différenciation terminale des précurseurs des cellules musculaires. Les expériences réalisées dans le cadre de ce projet ont permis de démontrer la présence de ce facteur. Elles ont aussi permis de déterminer que l’effet de ce facteur est associé à une diminution spécifique de l’expression de la myogenin.

Les résultats obtenus permettent de conclure que le facteur soluble n’est pas sécrété spécifiquement par les myoblastes prélevés de patients atteints de la forme congénitale de la maladie, car une inhibition de la différenciation terminale et une diminution de l’expression de la myogenin est observée sur les myoblastes prélevés de sujets atteints de la forme adulte de la DM1. L’effet de ce facteur est proportionnel à la longueur de l’expansion des CTG. Son implication dans la régénération des fibres musculaires, sur le développement du système musculaire, de même que sa relation avec la transmission maternelle observée dans la forme congénitale de la maladie, reste a déterminer.

La prochaine étape, dans ce projet, consiste à identifier le facteur soluble. Certains problèmes sont à prévoir. Premièrement, d’après des expériences préliminaires, il semble que le facteur soluble soit présent en faible concentration dans le milieu conditionné, rendant son identification ardue par visualisation des protéines totales sur un gel de polyacrylamide. De plus, le milieu de culture contient une forte concentration d’albumine. Des expériences préliminaires ont permis de démontrer que l’albumine est nécessaire à la croissance des myoblastes. Conséquemment, il faudra trouver une méthode afin d’enlever l’albumine ou de détecter spécifiquement les protéines sécrétées dans le milieu conditionné.

Diverses techniques sont envisageables pour identifier le facteur soluble. D’une part, on pourra tirer profit du fait que la majorité des protéines sécrétées sont glycosylées, car cette modification post-traductionnelle semble conférer une stabilité acrrue aux protéines localisées dans l’environnement extra-cellulaire. En utilisant des molécules possédant une affinité spécifique aux protéines glycosylées, on tentera de concentrer, de purifier et de détecter spécifiquement les protéines sécrétées dans le milieu de culture.

Une approche protéomique pourrait être utilisée pour identifier le facteur soluble. La technologie ICAT (isotope-coded affinity tag chemistry and cleavage-linker technology), couplée à des analyses spectrales, permet l’identification et la quantification de protéines présentes à une concentration différente dans un échantillon donné relativement à un échantillon témoin.

L’identification et la caractérisation du facteur soluble spécifiquement sécrété par les myoblastes DM1 permettra une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires responsables des défauts de différenciation des myoblastes dystrophiques observés dans la forme congénitale de la DM1, et des défauts de régénération du système musculaire observés dans la forme adulte de la DM1.

© Daniel Beaulieu, 2005