Collection Mémoires et thèses électroniques
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La lutte contre le Vih/sida et qui plus est, dans le cadre d’un Département Français d’Amérique requiert la connaissance des représentations sociales du Vih/sida et des personnes vivant avec le Vih/sida. De manière plus précise, il apparaît incontournable de connaître le savoir populaire relatif au Vih/sida afin d’élaborer des recommandations déontologiques pour la mise en place de programmes contre le sida efficaces et respectueux de la culture.

Or, force est de reconnaître que malgré l’importance de l’épidémie dans la région Caraïbe et plus spécifiquement, la forte prévalence du sida dans le département de la Guadeloupe, peu d’études en sciences sociales ont été menées dans cet archipel français.

Pour ce faire, nous avons retenu une approche ethno-méthodologique centrée sur une anthropologie de la Caraïbe et plus particulièrement sur une anthropologie du danger, de la peur et de la conjuration en Guadeloupe. De plus, nous avons mené des enquêtes auprès d’une population non infectée par le Vih et auprès de personnes vivant avec le Vih/sida. Dans ce cadre, nous avons retenu l’entretien semi-directif (20) et le questionnaire (140) pour solliciter nos populations.

Pour analyser les données récoltées, nous avons construit une sociologie des peurs-liminales. Par cette approche, il nous est possible de surligner les limites et les interdits fondamentaux d’une société.

Sur la base de cette analyse, nous pouvons avancer que le savoir détenu par la population guadeloupéenne sur le Vih/sida puise principalement dans le champ de la religion, du magico-religieux, d’un rapport au corps traditionnel et d’une division traditionaliste des sexes.

En affirmant à la fois que le sida n’est pas une maladie qui les concerne sexuellement et que c’est une maladie qui les menace par la voie sanguine et extra-sanguine (pores, sueur, salive), les Guadeloupéens interrogés élaborent un mythe sur le Vih/sida. Derrière celui-ci, nous percevons que le Vih/sida est une pathologie instrumentalisée au service d’un ordre sexuel, religieux, moral, social, économique et culturel.

Nous suggérons de prendre en compte ces différents aspects dans l’élaboration de programmes et plus spécifiquement dans l’élaboration de messages de communication contre le Vih/sida, afin d’en améliorer la réception et l’efficacité.

Au moment où ce travail se termine pour moi mais commence pour mes lecteurs, je tiens à adresser mes remerciements nombreux (proportionnels à la dimension étendue de cette recherche entre la France, le Canada et la Caraïbe) à:

Michel Maffessoli, mon Directeur de recherche français, pour m’avoir supporté ces longues années, avoir résisté à mes doutes, mes incertitudes durant ce partenariat de longues dates et m’avoir guidé avec rigueur.

Denis Jeffrey, mon Directeur de recherche canadien, qui m’a aidé à définir ce sujet à la croisée de plusieurs de mes centres d’intérêts, ainsi que pour son soutien, son réconfort et sa relecture attentive et minutieuse, peut être à une ou deux virgules près...

Raymond Lemieux, qui s’est prêté au jeu de la relecture de mon travail et qui m’assure d’un regard avisé.

Tous les membres de mon jury, pour avoir accepté de juger mon travail et pour l’attention qu’ils auront porté à ma recherche. Qu’ils reçoivent tout mon respect.

Docteur Boucharlat, ancien Médecin Inspecteur à la Direction de la Santé et du Développent Social de la Guadeloupe et au Professeur Strobel, ancien Chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital de Pointe-à-Pitre, les deux premières personnes qui m’ont accueillie en Guadeloupe.

Docteur Goerger-Sow et au Docteur Cazal-Gamelsy pour leur soutien moral infaillible, leur confiance ainsi que pour leur regard critique et minutieux sur mon travail. Leur franchise et leur intégrité ont contribué à ma sérénité. Qu’ils reçoivent ici toute mon estime.

Docteur Boulard, pour m’avoir toujours accordé temps et aide.

Ma famille et plus particulièrement mes parents qui m’auront apporté confiance, soutien moral et financier.

Mes amies de cœur restées dans le froid canadien. Alors merci à vous, Miss Anne et Miss Hélène pour votre soutien, vos encouragements, vos conseils et votre écoute. Et tous mes amis d’ici et d’ailleurs......... Ils ne savent pas combien leur soutien a été précieux. Jean Fré, Florence, Marie-Laure, Marie, Nathalie et tant d’autres...

L’Université Laval et le Conseil Général de la Guadeloupe, sources de financement de ce présent travail. Je remercie également les Comités d’organisation de la XVe conférence internationale sur le sida à Bangkok et de la conférence internationale sur une « Caraïbe multiculturelle unie contre le sida » tenue en République Dominicaine de m’avoir accordé des bourses pour venir présenter mes travaux de recherche et me permettre ainsi de recevoir des critiques de mon travail.

En dernier lieu, mais non des moindres, je tiens à remercier toutes les personnes que j’ai sollicité lors de ma recherche, qu’elles soient professionnelles de santé, acteurs de terrain, interviewées, ce présent travail n’aurait pu se faire sans elles tous.

Soit une sociologue qui a décidé de travailler sur le Vih/sida dans les Antilles françaises, en Martinique. Une université d’été annulée... changement d’aiguillage, direction la Guadeloupe.

Régulièrement, on lui a demandé séparément ou alternativement, mais pourquoi le sida ? Mais pourquoi la Guadeloupe ? Alors que répondre ? Froid canadien. Hasard des vents. Curiosité aiguisée par une description d’une île voisine, la Dominique. Rejet et peur du contact... dans le cadre de la maladie sida, en ce début du XXIe siècle. Evitement, fuite devant le corps infecté... Comment ? Pourquoi ?

À l’annonce de ce choix, elle reçoit généralement un « Ah ! », stigmate d’une pathologie non noble... pas en arrière, mais pour mieux avancer pour certains. Les questions fusent, le Vih/sida reste un sujet source de questionnements :

« Mais avec les moustiques, on ne craint rien ? »

Esthéticienne, 23 ans, La Baule, France.

« J’ai un ami qui a le sida et comment dire, il m’a dit, il n’a plus d’érection, c’est normal ? »

Professeur d’Histoire dans un lycée, 39 ans, Gourbeyre, Guadeloupe.

« Et quand est-ce que l’on aura un vaccin ? »

« Et un vaccin ? »

« Et un vaccin ? »

« Et un vaccin ? »

« Et un vaccin ? »

« Et un vaccin ? »

« Et un vaccin ? »

« Et un vaccin ? »

© Gaelle Bombereau, 2005