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RECOMMANDATIONS

Un travail comportant autant d’analyses et un grand éventail de propriétés structurales du bois ouvre plusieurs voies d’investigations.

Comme mentionné auparavant, l’essai de porosimètrie au mercure a donné des résultats prometteurs pour la compréhension du drainage d’eau dans le bois. Néanmoins, plusieurs aspects de cet essai doivent être approfondis. Une étude comportant un plus grand échantillonnage et faite sur des échantillons présentant à la fois des épaisseurs supérieures et inférieures à la dimension des fibres serait intéressante.

Même si plusieurs travaux ont porté une attention particulière à l’étude de l’eau dans le bois à partir de la technique de RMN, il reste encore beaucoup à faire, spécialement pour les espèces feuillues. L’analyse d’échantillons équilibrés à de plus nombreuses valeurs d’HR comprises entre 76% et 100 % HR nous donnerait plus d’informations sur la zone où il y a perte simultanée de l’eau liquide et de l’eau liée. Des essais de RMN à des températures plus élevées que 25°C seraient aussi intéressants pour mieux déterminer l’influence de la température sur les relations eau-bois. L’utilisation des techniques telle que la micro-imagerie par résonance magnétique pourrait apporter le niveau de précision nécessaire pour visualiser la localisation de l’eau liquide dans les différents tissus du bois.

Concernant les propriétés structurales des bois étudiés dans ce travail, huayruro est une espèce présentant des caractéristiques très particulières puisqu’en dépit d’une masse volumique élevée, elle possède environ 30% de parenchyme axial. Les changements des propriétés physiques de cette espèce ont débuté à une teneur d’humidité d’équilibre très élevée (77% H éq ). Une étude portant sur le drainage de l’eau liquide dans cette espèce en utilisant le microscope environnemental à balayage électronique (MEBE), ou mieux en microtomographie aux rayons X, serait fort intéressante, particulièrement à cause des caractéristiques anatomiques de cette espèce qui pourraient donner plus d’informations sur les phénomènes de collapse localisé dans les étapes initiales du séchage.

Par ailleurs, plusieurs retombées d’utilité pratique peuvent être envisagées à partir de ce travail à caractère fondamental. Quelques exemples d’application du présent travail sont énumérés ci-dessous:

  • La structure anatomique du bois a une grande influence sur ses propriétés physico-mécaniques. L’utilisation d’outils informatiques qui facilitent la qualification et la quantification des principaux éléments anatomiques est de grande importance lors de l’utilisation du bois.

  • La connaissance des connectivités au sein de cette structure anatomique, notamment de la caractéristique des ponctuations liant les différents éléments du bois, peut expliquer la difficulté d’imprégnation et/ou de séchage de différentes espèces ligneuses.

  • L’utilisation de la technique de membrane poreuse sous pression couplée à des capteurs de déformation pourrait aider à la compréhension et à la modélisation du phénomène de collapse, si important lors du séchage de certaines espèces de bois (eucalyptus, chêne).

  • Finalement, le présent travail montre que même à l’équilibre hygroscopique il existe une plage d’humidité où la perte de l’eau liée et de l’eau liquide coexistent. Ce résultat suggère une réévaluation du concept de point de saturation des fibres (PSF). L’utilisation du terme « point » indiquant un changement brusque de l’eau liquide à l’eau liée serait donc déplacée pour un matériel présentant une structure capillaire aussi complexe que le bois. Ces informations doivent être prises en compte pour la détermination de modèles d’ajustement des propriétés physico-mécaniques en fonction de la teneur en humidité. De cette façon, les résultats obtenus montrent que la structure poreuse du bois joue un rôle important dans ces modèles d’ajustement.

Ces exemples montrent en fait l’importance de connaître la structure poreuse du bois (répartition de la taille des pores et surtout la connectivité de ces pores) pour mieux comprendre la migration, ou l’absence de migration, des fluides dans le bois au niveau macroscopique.

© Giana Almeida, 2006