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Contexte de travail de l’intervention préhospitalière et analyses biomécanique et ergonomique de l’activité d’embarquement de la civière chez les techniciens ambulanciers paramédicaux


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Résumé:

Problématique : Les services ambulanciers représentent le maillon qui assure la prestation des soins préhospitaliers d’urgence par l’utilisation de l’ambulance. L’intervention préhospitalière exige un haut niveau d’efforts physique et mental sous des conditions environnementales variables. Récemment, les revues systématiques soulignent de façon alarmante l’étendue des problèmes de santé chez les techniciens ambulanciers paramédicaux (TAP). Ces derniers ont un taux plus élevé d’accidents causant une blessure et prennent leur retraite plus tôt que les autres travailleurs, incluant ceux du système de santé. Objectifs : Quatre grands objectifs de recherche ont été établis pour cette thèse : 1) Analyser le contexte de travail des techniciens ambulanciers durant l’intervention préhospitalière; 2) Déterminer l’impact temporel d’une situation de travail urgente durant l’intervention préhospitalière; 3) Évaluer les contraintes biomécaniques au dos pendant l’embarquement de la civière hydraulique dans l’ambulance; 4) Étudier les stratégies de travail des techniciens ambulanciers paramédicaux durant l’embarquement de la civière dans l'ambulance. Méthode : À partir d’observations sur le terrain, 58 techniciens ambulanciers paramédicaux ont été filmés en situation de travail (>1100 heures). Au total, 383 interventions préhospitalières ont été réalisées sur 111 quarts de travail. Des questionnaires et des entretiens semi-dirigés ont été réalisés avec les TAP après chaque intervention préhospitalière. Résultats et discussion : 1) Cette étude a permis de montrer que chaque cas est unique (caractéristiques du bénéficiaire, de l’environnement physique et social). Les résultats montrent que 60% des codes (nature du cas) fournis par le Centre de Communication Santé sont demeurés inchangés par les TAP au moment de l’évacuation. Cette étude a également présenté les variations inhérentes au travail des TAP notamment dans la séquence des tâches de l’intervention préhospitalière. 2) Les interventions préhospitalières ayant nécessité un transport urgent (5.4%) ont été de plus courtes durées que celles ayant nécessité des transports immédiats (9.4%) ou non urgents (33.8±6.9 minutes; 43.5±15.2 minutes et 41.8±13.2 respectivement; ps<0.05). Cela est principalement expliqué par la durée des transports (moyenne de 14.8 minutes) qui a été plus courte en situation d’urgence comparativement aux transports immédiats et ceux non-urgents (-5.1 et -4.9 minutes; p<0.08 et p<0.05 respectivement). Les différentes opérations composant chaque protocole de soins ont dicté le rythme de l’intervention préhospitalière. La séquence des opérations était moins rigide chronologiquement en non urgence qu’en situation urgentes ce qui leur permettait plus de flexibilité pour allonger certaines activités. 3) L’analyse biomécanique de l’embarquement de la civière hydraulique montre que 71% des embarquements dépassent les limites sécuritaires de manutention établie à 340 kgf par le NIOSH. Une analyse par régression linéaire a déterminé que les principaux facteurs influençant le chargement interne à L5/S1 des TAP sont la force appliquée aux mains du TAP pour soulever la charge, la posture au dos et aux épaules adoptée par le TAP lors de l’initiation du soulèvement ainsi que le poids du TAP. Les valeurs de la force aux mains ont été influencées par le nombre de TAP lors de l’embarquement (1.8 fois supérieur lorsqu’effectué seul), le poids de la civière hydraulique (30 à 76% de la force appliquée), le poids du bénéficiaire (24 à 70% de la force appliquée) ainsi que la position des équipements sur la civière (0 à 14% de la force appliquée). 4) Tous les TAP ont été en mesure d’entrer la civière et de la sécuriser dans l’ambulance sans blessure apparente. Des stratégies ont été énumérées par les TAP lors des entretiens pour leur permettre à la fois de préserver leur santé (par exemple : communiquer avec son coéquipier et travailler en équipe pour diminuer la charge soulevée) et d’assurer une évacuation de qualité (par exemple : utiliser le superviseur et vérifier le système de retenu avant le soulèvement). Près des trois quarts des embarquements ont nécessité des actions supplémentaires (élévation des épaules et soulèvement additionnel) pour faire entrer la civière jusqu’au système de blocage. Toutefois, certaines stratégies bien que nécessaire pour terminer l’embarquement de la civière semblent avoir des impacts négatifs pour la santé des travailleurs tel que le repositionnement de la civière. Cette opération, souvent effectuée seule, entraîne une perte de temps et demande des efforts physiques importants. Conclusion : Cette thèse est un exemple de réussite d’une collecte de données substantielles jumelant des outils qualitatifs et quantitatifs. Elle a combiné la démarche ergonomique centrée sur l’activité de travail à celle de la biomécanique dans un milieu non contrôlé (hors laboratoire) où la variabilité est omniprésente et le contexte de travail est imprévisible. La rigueur employée dans la méthodologique et les analyses effectuées a permis de proposer plus d’une vingtaine de pistes de transformation touchant les équipements, le travail d’équipe, la formation et l’environnement physique et social du travail.

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Version 2.3