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« Chez-soi » après s’être relogé? : le point de vue d’aînés en habitat communautaire


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Résumé:

Ce projet de recherche porte sur la décision de se relocaliser des personnes âgées locataires. Au Québec, il est estimé que le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus triplera d’ici 2056 (MFA, 2012). Il s’agit de la tranche d’âge utilisant le plus de soins à domicile ; 60 % sont locataires (MFA, 2012 ; Turcotte, 2014). Bien que la majorité des aînés désirent vieillir dans leur domicile, un déménagement est parfois souhaitable, voire incontournable. En effet, un état de santé se détériorant au fil des ans peut faire en sorte que les activités quotidiennes deviennent difficiles et ne puissent être menées de manière autonome sans apporter des modifications au logis. Si adapter un logis n’est pas une mince tâche, cela est encore plus compliqué dans un immeuble locatif. En effet, nombreux sont les locataires dont le bail ne permet pas de telles modifications. Déménager est souvent la seule option pour les aînés locataires en perte d’autonomie fonctionnelle. Quels facteurs influencent non seulement la décision de se reloger, mais aussi le choix d’une coopérative d’habitation ou d’un OBNL d’habitation, soit deux options d’habitat communautaire abordable, mais aussi plus marginal au Québec? Comment l’expérience du déménagement est-elle vécue et quels facteurs contribuent à reconstruire le sentiment d’être chez-soi? Autant de questions auxquelles ce mémoire tente de répondre par le biais d’une recension des écrits et d’une enquête qualitative. Les objectifs de la recherche sont ainsi de comprendre cette expérience à travers le temps, en lien avec le parcours résidentiel antérieur et la reconstruction de la relation affective au logis. Deux volets ont été menés parallèlement pour compléter cette recherche. D’une part, une recension systématique des écrits sur le thème du relogement des aînés en perte d’autonomie ; d’autre part, 14 entretiens semi-dirigés auprès de personnes âgées s’étant relocalisées dans un habitat coopératif ou en OBNL. La synthèse des connaissances suggère que quitter un domicile connu est une décision complexe, voire difficile, impliquant plusieurs facteurs, dont le parcours de vie, la famille, les routines quotidiennes et la relation affective au domicile actuel. L’analyse thématique des entretiens, à partir des multiples facteurs identifiés dans la recension scientifique, a permis de cerner les plus invoqués par les aînés rencontrés pour justifier leur choix résidentiel, soit : la création ou le maintien de liens sociaux, le sentiment accru d’indépendance et de contrôle, ainsi que la présence d’entraide et de services au sein de l’immeuble. D’autres dimensions matérielles et économiques sont invoquées, mais indirectement à travers ces dimensions psychologiques ou sociales. Diverses composantes physiques du domicile et du quartier (les vues vers l’extérieur à partir du logement, l’espace de visite, les lieux communs, la gestion et l’administration de l’immeuble) semblent aussi influencer la relation affective au logis et la capacité de reconstruire le sentiment d’être chez soi. Les résultats de cette recherche suggèrent de consolider l’offre de logements communautaires abordables pour les personnes âgées en perte d’autonomie, ceux-ci leur permettant d’avoir accès aux services requis par leur situation, tout en conservant leur indépendance et leurs cercles sociaux.

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Version 2.3